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 J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer

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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Ven 30 Sep 2011 - 23:21


→ Summer & Elisa
« J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé »


L’amitié c’est un sentiment étrange et irremplaçable d’après la plupart des personnes que j’ai rencontré dans toute ma vie. L’amitié passe bien avant l’amour, l’amitié peut déplacer des montagnes, on a qu’un seul ou qu’une seule meilleur ami dans la vie et on doit la garder jusqu’à la fin de notre vie. Les véritables amis sont là dans le bonheur comme dans le malheur. C’est d’ailleurs à cela que l’on reconnait les vrais amis quand ils ne fuient pas à toutes jambes dès lors qu’un petit souci s’infiltre dans notre propre vie, c’est l’ami qui nous laisse pleurer sur son épaule sans posé aucune question indiscrète, celui qui nous héberge alors que l’on a des bleus sur le corps et sur le visage sans même chercher à savoir pourquoi on ne veut pas en parler et bien entendu celui qui essaie tant bien que mal de nous sortir de la galère dans laquelle on a bien pu se mettre. C’est ainsi que j’ai toujours vue Summer, elle était ma meilleure amie depuis presque toujours, c’est chez elle que j’allais soigner mes bleus que ma tante Daniella me faisait parfois quand la drogue était dans son sang et qu’elle n’arrivait plus à supporter mon visage devant ses yeux. C’est chez elle que je venais frapper en pleine nuit quand j’étais malheureuse et que je pleurais parce que je me rappelais de la mort affreuse de mes parents qui avaient donné leur vie pour sauver la mienne. C’est chez elle que j’avais laisser glisser toutes ma peine à l’âge de quatorze ans après m’être offerte à un homme, mon beau père, pour avoir ce que je souhaiter, mon émancipation prématuré et bien entendu de l’argent que lui seul pouvait m’offrir puisque ma tâche de tante n’avait pas un seul centime. C’est donc chez elle que j’avais passé mon dernier soir sans drogue, c’était chez elle que j’avais abandonné mon désespoir et elle m’avait presque compris, elle m’avait pas demandé pourquoi, elle m’avait juste serré entre ses bras et elle m’avait laissé pleurer jusqu’à ce qu’épuisé je finisse par m’endormir sur son canapé. Summer avait toujours de l’espoir, elle avait toujours espoir d’une vie meilleure, elle avait toujours l’espoir de voir sa mère allait mieux, de voir son frère revenir auprès d’elle, elle avait l’espoir que je n’ai jamais eu, peut être que c’est pour ça que j’ai plongé avant elle, peut être que c’est pour ça que j’ai coulé dans le néant sans aucune possibilité de remonter à la surface. C’est surement à cause de tous ce poids sur mes épaules et au dessus de ma tête que je ne pouvais pas avoir d’espoir. J’aurais voulu puisé dans sa force mais je savais parfaitement bien que jamais je ne pourrais être aussi forte qu’elle, elle était ma force, elle était ma meilleure amie mais l’amitié ne m’avait pas empêché de l’effacer de ma vie d’un coup de baguette sans retour en arrière possible. Je l’avais abandonné parce que je ne pouvais plus me voir dans un miroir, je ne pouvais plus la regarder dans les yeux et je recommencerais surement si je le devais. J’étais égoïste quand j’avais quatorze ans et maintenant onze ans plus tard je l’étais toujours. J’avais presque oublié mon passé à New York chez ma tante avec les années, j’avais presque oubliée cette Elisa là, celle qui était malheureuse, celle qui pouvait se morfondre des heures dans sa salle de bain, celle qui n’avait pas un sous, celle qui vivait dans un appartement miteux avec une prostituée qui passait son temps à se piquer devant moi. Je ne voulais plus jamais avoir voir cette fille pathétique et en partant en Argentine puis en Espagne je savais que je ne verrais personne de mon passé. Il aura fallu que je rencontre un homme violent pour être obligé de revenir aux Etats Unis et bien entendu rencontrer des personnes qui m’avaient connu comme je l’avais été durant des années c'est-à-dire une paumée. Ce qui me rassurais là dedans c’est que Summer elle aussi était aussi surprise et peut être un brin déçue que je l’ai trouvée ici. Il faut dire qu’elle aussi avait bien changé depuis tous ce temps, elle avait touché elle aussi à la drogue et elle ne voulait surement pas ce souvenir de la fille qu’elle était avant la cocaïne, je ne pouvais que la comprendre. Malgré notre malaise et notre gêne je ne pouvais pas faire comme si de rien était et comme si je ne la connaissais pas, elle avait amélioré ma vie pendant des années je lui devais bien ça. Du coup sous le choc je n’ai su lui dire qu’une chose que je ne m’attendais pas à la voir ici, pas dans cette ville en tout cas, Chicago… Ville véritablement pourrie mais qui avait ces charmes pour nous. . « Faut croire qu'on a pensé à la même chose... pas de chance ! » J’aurais aimé que les choses soient différentes et que toutes les deux on se saute dans les bras seulement je savais que ça ne serait jamais au grand jamais cela entre nous, aujourd’hui c’était totalement différent et je devais bien l’avouer la voir ne m’enchanter pas réellement à ce moment là de ma vie. Et effectivement le « pas de chance » de la jeune femme blonde était vraiment ce que je ressentais. Avec toute la place qu’il y avait dans le monde il avait fallu qu’on se retrouve… Les deux anciennes amies, les deux anciennes meilleures amies. « Peut être que c’est le destin hein après tout il y avait combien une chance sur un million que l’on se retrouve dans la même ville et mieux encore une chance sur un million que l’on se rencontre dans Chicago… » Le destin.. Encore une connerie de ceux qui croient que leur vie va être mieux plus tard, le destin va avec l’espoir c’est qu’une connerie c’est tout. Je n’y ai jamais cru on est seul maître de notre avenir.

Bref là ou on en était il fallait bien qu’on discute un peu de nos vies présente du moins faire semblant de s’intéressé à la vie de l’autre non pas que la vie de Summer n’était pas importante pour moi pas du tout ce n’était pas ça du tout mais disons que je marchais un peu sur des œufs, faire attention à ce que je disais à ce que je demandais ne surtout pas faire de gaffe après tout je n’étais pas devenue une garce au point de la faire souffrir exprès. Je marchais donc sur des œufs pour discuter rapidement, je lui avouais que j’étais partie sans rien lui dire pour ne pas qu’elle s’enfonce dans mon monde, dans la drogue, je ne voulais pas la voir sombrer comme moi je le faisais, je ne voulais pas la voir à moitié défoncer dans les rues de New York à la recherche de sa prochaine prise, je ne souhaitais pas me réveiller un matin et la voir morte dans le caniveau près de moi, je la savais malheureuse mais je ne pouvais pas lui demander officieusement de me suivre dans mes propres travers, notre vie devait enfin se séparé. Malheureusement je n’avais pas réussis à lui éviter mes propres travers et elle avait bien entendu plongé dans la drogue la tête première. Pourquoi ? Ça c’est une autre question je ne savais pas et je ne sais pas si j’avais réellement envie de le savoir, il avait dû lui arriver quelque chose de très grave pour qu’elle plonge dans la cocaïne quand même. C’est à ce moment là ou j’ai du faire l’erreur de ma vie, poser la question que je n’aurais jamais dû poser. Je lui ai demandé des nouvelles de son grand frère. Le jeune homme était plus vieux que nous et malgré cela derrière mes jolies yeux de petite fille j’étais amoureuse de lui, un amour de jeunesse, quelque chose de pure, le premier garçon que je laissais approcher sans qu’il n’y ai rien bien entendu. On n’était pas proche pour lui j’étais juste la meilleure amie de sa sœur mais je me souviens encore des soirs quand j’étais seule chez moi j’écrivais son nom dans les pages de mon journal intime et je faisais pleins de cœur autour. Mon premier coup de cœur. Je crois qu’on l’oublie jamais ce premier coup de cœur. Cette histoire qui ne commencera jamais mais avec laquelle on a appris beaucoup de chose. « Il est mort. » Je crois que j’ai été d’un seul coup frappé par un éclair, par un avion et par une tempête en même temps. Il était mort. Il était mort et je ne le savais même pas, il était mort et je n’avais pas été là, il était mort… Je venais soudainement de perdre contenance sans même m’en rendre compte, je venais de prendre une douche glacé sur la tête. Je fermais les yeux en soupirant tout doucement histoire d’avalé le coup dur. « Summer je… je suis désolée… » Je déglutissais avec difficulté, passant nerveusement ma main sur ma nuque en ouvrant les yeux difficilement, je ne devais pas pleurer bien que je n’ai qu’une envie me cacher sous les couvertures et fondre en larme pour la première fois depuis l’abandon de ma fille. Je venais soudainement de comprendre pourquoi Summer avait plongé dans la drogue, elle avait perdue la personne la plus importante dans sa vie. « Ça… ça c’est passé quand ? » Je ne cherchais pas à lui faire du mal, je ne cherchais pas à remuer le couteau dans la plaie je voulais simplement savoir. Parce que j’avais tenue à elle. Parce que j’avais tenue à lui. Parce que je venais de me reprendre mon passé en pleine tête comme un boomerang.

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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Lun 17 Oct 2011 - 20:51



    Elisa R. Daniels & Summer K. Jones



La perte d'un être cher était la pire douleur qu'un être humain pouvait subir. Qu'importait les douleurs physiques, la douleur morale était bien pire que quoi que ce soit d'autre. Une douleur physique finissait, dans la plupart des cas, par s'estomper petit à petit, jusqu'à disparaître définitivement. Alors qu'une douleur morale durait, s'étirait, et ne disparaissait que dans de très rares cas, si l'on était entourée, si d'autres personnes autour de nous, nous soutenaient. Cela n'avait pas été mon cas, malheureusement. J'avais tenté de garder la douleur à distance pendant longtemps, l'ignorant, et faisant comme si elle n'était pas là, mais on ne pouvait pas dire que cela avait été une mission réussie. Bien au contraire. Si j'étais parvenue à oublier mon frère, à retirer les derniers moments de sa vie de ma tête, aucun doute là-dessus : je ne serais pas à Chicago. Peut-être serais-je restée à New-York, dans la maison familiale, ou alors j'aurais voyagé, comme j'avais souvent rêvé de le faire. Rien ne pouvait être dit avec certitude... Et puis, à quoi bon penser à ce qu'aurait été ma vie si tout n'avait pas changé de manière aussi brutale ? Je ne pouvais pas retourner en arrière, pour empêcher mon frère de partir faire ce fichu voyage, ni même pour l'empêcher de sortir de la maison, quelques minutes avant qu'il ne se fasse tuer. Rien ne pouvait être changé. Je ne pouvais - et ne devais - pas redevenir la Summer d'avant. Cette personne était morte en même temps que mon frère et je ne voulais surtout pas qu'elle fasse une réapparition inattendue et beaucoup trop dangereuses pour ma propre santé mentale. C'était uniquement dans ce but et pour cette raison que je me tenais à distance d'Elyra. Elyra qui poserait des questions, bien évidemment, sur ce qu'aurait pu être sa vie si mes parents n'avaient pas décidé de l'abandonner, sur sa famille biologique, et je n'étais pas certaine de pouvoir supporter ça. Non, j'en étais certaine : je ne le supporterai pas. Sans aucun doute, Elisa était la deuxième personne - voir même la première finalement - que je devais tenir à distance à tout prix. Après tout, elle me connaissait mieux que personne, et même mieux que ma propre soeur dont j'avais appris l'existence quelques années auparavant. Elle avait connu la Summer d'avant, elle. Elle avait partagé plusieurs années de ma vie. Elle m'avait soutenue dans les pires moments. Et elle avait disparu, sans même que j'ai le temps de m'y préparer. Pour le coup, je m'étais retrouvée totalement seule. J'avais été perdue dans un premier temps, et puis j'avais du me relever, pour le bien de ma mère et pour préparer mon avenir. Mon avenir... comme si j'avais été destiné à en avoir un de mon choix. Non, en réalité, j'étais déjà programmé pour devenir ce que j'étais aujourd'hui : une droguée. Il aurait bien fallu que je sombre un jour, sans mon frère, cette issue paraissait inévitable. « Peut être que c’est le destin hein après tout il y avait combien une chance sur un million que l’on se retrouve dans la même ville et mieux encore une chance sur un million que l’on se rencontre dans Chicago… » répliqua Elisa. Une conversation... très enrichissante, qui n'avait pas de réel intérêt à se dérouler. Peut-être qu'elle avait lieu uniquement parce que nous ne pouvions pas tourner le dos à celle qui nous avait soutenue pendant si longtemps. De mon côté, c'était juste pour la tenir à distance le plus possible, pour lui faire comprendre que je ne voulais pas qu'elle fasse de nouveau partie de ma vie. Etais-je égoïste ? Très certainement pas ! Après tout, j'étais presque sûre que son but, à elle aussi, était de m'éloigner d'elle au maximum. Elle n'avait plus rien de la Elisa que j'avais connue. La drogue effaçait tout sur son passage après tout. « Oh, je ne pense pas que le destin ait une grande place dans cette situation. C'est juste... Le hasard. Un hasard qui fait bien les choses, n'est-ce pas ? » lui répondis-je en plaquant un faux sourire sur mon visage. J'étais devenue une vraie pro dans l'art de cacher mes émotions...

La preuve, je le faisais depuis le début de cette conversation avec Elisa. Parce que je ne voulais pas qu'elle sache que j'étais heureuse de voir que, même en tant que droguée depuis bien trop longtemps pour son propre bien, elle avait réussit à s'en sortir. Certes, elle semblait toujours se droguer et pire encore, elle avait démesurément changer, mais y pouvais-je quelque chose ? Non. Elle avait décidé de sortir de ma vie il y a bien longtemps et j'avais fais avec. Aujourd'hui, aucune de nous deux ne voulaient que tout redevienne comme avant. Surtout pas. Nous n'étions plus les filles presque insouciantes de l'époque... Beaucoup de choses nous avaient barré la route, nous avaient fait trébucher à de nombreuses reprises et tout était différent. Rien, ni personne, ne pouvait retourner en arrière, et effacer les épreuves que nous avions dû traverser, chacune de notre côté. La vie avait fini par séparer les deux meilleures amies et rien ne pouvait changer ça. Plus maintenant. Je me faisais horreur à moi-même.. Comment pouvais-je parler de mon frère avec autant de détachement ? Ces trois mots, ces trois ridicules petits mots, avaient provoqué une réelle tempête en moi. Je l'avais dis clairement, sans le moindre état d'âme, comme si cela ne me faisait absolument rien. J'étais horrible. Je sortis mon paquet de cigarette et en sortit une autre, les mains légèrement tremblantes. Je ne pouvais décemment pas sortir ma cocaïne en plein milieu de la rue, n'étant pas du genre à m'exposer pour m'attirer les regards courroucés des passants. Je posai la cigarette entre mes lèvres et l'allumai, prenant une première latte. Pour la première fois que j'avais fais l'annonce concernant la mort de mon frère, je tournai la tête en direction d'Elisa qui n'avait pas pris la parole depuis un peu moins d'une minute. Laissant retomber mon bras le long de mon corps, ma cigarette coinçait entre mon index et mon majeur, je regardai la jeune femme. Elle paraissait abasourdie, et le mot était faible pour décrire ce que le visage de la brunette reflétait. « Summer je… je suis désolée… » dit-elle d'une voix faible. J'aurais dû me douter que sa réaction serait aussi... peu encourageante. Après tout, elle avait connu mon frère, avait même plutôt été proche de lui. C'était parfaitement normal qu'elle se sente désemparée, suite à une nouvelle pareille. Surtout avec la façon dont je lui avais annoncé... Mais en même temps, pouvais-je réellement culpabiliser pour ça ? « Ça… ça c’est passé quand ? » reprit-elle après une minute de silence. Je ne m'étais absolument pas attendue à une question pareille. Peut-être voulait-elle juste savoir combien de temps après son départ mon frère était-il mort ? Je n'en avais pas la moindre idée. En tout cas, cette question me faisait revenir en arrière et je n'aimais pas ça du tout. Oh ça, non. « J'avais dix-huit ans, ça fait donc huit ans. » lui répondis-je, en restant le plus possible détachée. Huit ans que j'avais perdu ce qui m'était le plus cher, huit ans qu'il était mort dans mes bras. Autant dire une éternité.. Que je n'avais pas vu passer, grâce à la drogue, bien sûr ! Tirant une nouvelle latte sur ma cigarette, je regardai toujours mon ancienne meilleure amie, attendant sa réaction. Après un certain temps, je décidai de reprendre la parole. « Et toi, alors, qu'est-ce que t'es devenue ? Le boulot, tout va bien ? » lui demandai-je, pour combler le silence mais aussi parce que, dans le fond, j'étais curieuse de savoir ce qu'elle était, la drogue mise à part, aujourd'hui.

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    When she was just a girl, she expected the world, But it flew away from her reach, so she ran away in her sleep. And dreamed of para-para-paradise, para-para-paradise, para-para-paradise, every time she closed her eyes. When she was just a girl, she expected the world, but it flew away from her reach, and the bullets catch in her teeth. PARADISE - COLDPLAY.
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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Dim 23 Oct 2011 - 23:15


→ Summer & Elisa
« J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé »


Depuis que je suis enfant je me suis toujours mis en tête, surement pour me rassurer, que les personnes mortes veillent toujours sur les êtres qu’ils ont aimés avant de mourir, je me demande souvent ce que mes parents diraient s’ils pouvaient me parlait aujourd’hui. J’imagine parfaitement bien qu’ils seraient furieux ou plutôt déçu de mon attitude et de savoir que malgré leur combat j’étais moi-même tomber dans la drogue alors qu’ils avaient quand même donner leur vie pour que je ne touche jamais à cela quand je serais plus vieille. Seulement voilà je suis persuadée qu’ils n’avaient pas pensé à la faille dans leur plan qui disait que sans eux je tomberais obligatoirement dans la drogue. En même temps être témoin du meurtre de ses parents alors que je n’avais que cinq ans, baigner dans le sang de ceux-ci durant deux long jours ça risquait pas de me faire devenir une jeune fille bien élevée et surtout clean, il fallait se doutait qu’un jour ou l’autre je ficherais ma vie en l’air d’une manière ou d’une autre. J’aurais très bien pu me tirer une balle dans la tête pour empêcher de ressentir de la souffrance, malheureusement je n’ai pas eu le courage de le faire. J’ai décidée de vivre différemment. J’avais le choix soit devenir une loque humaine, être malade, devenir dépressive et vivre une vie encore plus merdique que le début de celle-ci non ça c’était hors de question, j’ai donc pris ma vie en main et j’y ai fait quelques petites améliorations. La drogue m’aide beaucoup je pense bien que parfois. Je crois que les personnes changent après la mort des personnes proches de nous, j’avais changé quand j’avais emménagé à New York, ma tante ne m’avait pas réellement laissé le choix et plus j’ai grandis plus je me suis renforcer. La petite fille et l’adolescente que Summer à connu n’est rien par rapport à la femme que je suis devenue c’est ainsi pour tous je crois, Summer avait changé depuis que j’étais partie, elle aussi était tombée dans la drogue et quand on a connu la jeune femme comme moi on ne peut que se poser des questions sur ce qui a pu lui arriver pour qu’elle tombe elle aussi dans la drogue. Bien entendu je savais qu’elle avait des soucis chez elle mais je savais aussi qu’elle était bien plus forte que ce que j’étais moi. Il a du se passer quelque chose de grave mais quoi… Pour l’instant là n’était pas réellement la question, j’étais encore sous le choc de voir mon ancienne meilleure amie devant moi, elle était là alors que je pensais ne jamais la revoir… Je ne savais quoi lui dire, j’aurais pu la serrer dans mes bras lui dire qu’elle m’avait manqué durant tous ce temps, discuter de la pluie et du beau temps mais au lieu de ça aucune de nous deux ne voulait voir l’autre c’était quasiment une évidence. Pourquoi ? Parce que l’on se rappelait le passé, elle me rappelait la jeune femme perdue que j’étais, la jeune femme idiote qui a fait son premier coup pour partir de chez elle en bradant sa première fois à un homme dix fois plus vieux qu’elle. La jeune femme malheureuse qui parfois finissait par s’écroulait et pleurer sans pouvoir s’arrêter, je ne voulais plus voir de larme coulait de mes yeux et là elle me rappelait, par sa seule présence, qu’un jour j’avais été cette fille faible et malheureuse que je m’efforce de faire disparaître avec difficulté. « Oh, je ne pense pas que le destin ait une grande place dans cette situation. C'est juste... Le hasard. Un hasard qui fait bien les choses, n'est-ce pas ? » Je ne croyais pas au hasard, j’ai toujours pensé que chaque chose arrive pour quelque chose et non pas par le simple hasard. La vie n’est pas un enchainement de hasard mais bien le destin, toute notre vie est déjà écrite à l’avance. Parfois on peut changer notre avenir mais le trois quart du temps on devient ce pourquoi on est né. Elle venait de me faire comprendre tout en utilisant l’hypocrisie qu’aucune des deux ne voulait de cette rencontre, on aurait pu partir chacune de notre côté mais pour ma part ça reviendrait à fuir et je ne souhaitais plus jamais fuir. Je l’avais fait et je le faisais encore et j’en avais réellement assez. Un faux sourire plus tard je finis par répondre moi aussi sur ce même ton qui ne quittait pas notre conversation. « Hum… oui bien entendu le hasard peut faire les choses bien parfois. » Est-ce qu’il le faisait aujourd’hui ? Pas sûr.

Malgré notre éloignement avec les années je tenais tout de même à savoir comment aller son frère, malheureusement pour moi, pour nous, la nouvelle m’a mis un violent coup sur la tête comme si j’étais en train de me noyer soudainement. Je venais de me prendre une douche glacé sans même pouvoir me relever. J’étais là devant Summer et à part lui dire que j’étais désolé je ne pouvais lui dire autre chose à croire que soudainement j’avais perdue l’usage de la parole. Déglutissant difficilement je ne savais comment réagir face à cela, j’aurais bien voulu la prendre dans mes bras et lui dire que j’étais désolée mais à part quelques mots souffler en guise d’excuse je n’avais pu faire mieux. Comme si je n’avais jamais été son amie, comme si on ne se connaissait pas. J’étais encore sous le coup de l’émotion et j’imaginais parfaitement bien l’état de Summer quand elle avait appris que son frère était mort. Je savais ce qu’il les liait j’étais présente durant des années j’ai vue le lien qu’il y avait entre son frère et elle, je comprenais mieux pourquoi elle prenait aujourd’hui de la drogue. C’est à cause de sa mort. « J'avais dix-huit ans, ça fait donc huit ans. » Huit ans déjà… Cela faisait onze que je n’avais pas vue Summer et je ne l’ai jamais autant regretté qu’à ce moment là. Je restais silencieuse profitant de ce silence pour reprendre une autre cigarette histoire de me détendre. Je crois que si j’avais appris cela par téléphone j’aurais pu laisser tomber le masque mais là je ne l’avais pas fait j’essayais de ne rien montrer mais à travers mes yeux je sentais que ça se voyait c’est bien pour cela que mon regard tomba sur mes chaussures je tirais sur ma cigarette sans rien dire. J’ai du rester tellement silencieuse qu’elle brisa de nouveau le silence, mon regard se tourna vers elle à ce moment là. « Et toi, alors, qu'est-ce que t'es devenue ? Le boulot, tout va bien ? » Qu’est ce que j’étais devenue à part une droguée ? Eh bien j’avais eu le temps de trouver l’âme sœur que j’avais dû quitter violemment parce que j’étais enceinte de lui, j’ai portés son enfant pendant neuf mois avant de l’abandonné et aujourd’hui j’étais une strip- teaseuse qui arnaqué les hommes pour avoir de plus en plus d’argent. « Eh bien… Je te l’ai dis j’ai voyagée un petit peu et je suis arrivée ici il y a deux ans me faire une nouvelle vie. Et toi ? » C’était vraie, je ne mentais même pas pour une fois.

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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Jeu 27 Oct 2011 - 16:31



    Elisa R. Daniels & Summer K. Jones



Finalement, Elisa avait bien fait de partir. Non seulement parce que ce qu'elle avait vécut était horrible, j'étais bien placée pour le savoir étant donné qu'elle m'avait à peu près tout raconté, mais aussi parce qu'au moins, elle n'avait pas eu à subir la perte de mon frère. A l'époque où elle était ma meilleure amie, il était toujours là, et inévitablement, ils se voyaient relativement fréquemment. Ils n'étaient pas non plus devenus les meilleurs amis du monde mais ils s'entendaient très bien. Et d'ailleurs, j'avais toujours soupçonné Elisa d'avoir un petit béguin pour mon grand frère. Sa façon de le regarder, de rougir quand il lui adressait la parole. Bref, tout ce qui pouvait laisser entendre qu'elle l'appréciait un peu plus que comme un simple ami. Je n'en avais jamais parlé à qui que ce soit, parce que je n'étais pas du genre à me mêler des affaires des autres, et aussi parce que je ne pouvais pas être certaine de ça. Je ne pouvais pas me lancer dans une mission "mettons Elisa et mon frère ensemble" sans n'être sûre de rien. Avant que je n'ai eu le temps de réellement tout comprendre, Elisa était partie, puis mon frère. J'avais tiré un trait sur la période Elisa, pour ne pas avoir à souffrir plus que de mesure à cause de l'absence de ma meilleure amie et j'avais continué ma vie. Sans mon amie, sans mon frère, parti visiter le monde, comme il aimait si bien le dire. Il en était revenu totalement différent. En manque, couvert de dettes, et déterminé à se sortir de cette merde que représentait la drogue. Il y était parvenu d'ailleurs. Non sans mal d'ailleurs. Avec les tremblements, les hallucinations, la fièvre, et tout ce qui allait avec. En pensant que je ne le voyais pas, quand il était trop en manque pour reconnaître quoi que ce soit et être dans un état normal. Et finalement, il y était parvenu. La vie à la maison avait alors été repris en main, mais avant même que les projets aient le temps de réellement se mettre en place, il s'était fait tuer. Indéniablement, c'était la pire chose qui me soit jamais arrivé. L'absence de mon père, la mort de ma mère, le moment où j'avais appris avoir une soeur, rien ne pouvait dépasser ce que j'avais ressenti le jour où j'avais pris mon frère dans mes bras, alors qu'il vivait ses derniers instants. Cette scène douloureuse, je l'avais non seulement vécut une première fois en direct, mais également dans mes cauchemars, pendant des semaines et des semaines. Pendant que je continuais à vivre ma vie, pour ma mère, en respectant la promesse que j'avais faite à mon frère. Jusqu'à ce que je commence à prendre de la drogue. La poudre blanche qui avait permis à ces foutus cauchemars de cesser. Enfin. J'avais été soulagée de pouvoir dormir sans risquer de revoir le visage blafard et souffrant de mon frère. Tout cela avait cessé et à présent, je faisais attention à ne plus me remémorer tous ces souvenirs. Aujourd'hui, les souvenirs affluaient. J'avais beau avoir pris de la cocaïne quelques temps auparavant, elle n'était pas suffisamment présente pour que tout cela ne me donne pas envie de me jeter sous une voiture. Oh, je n'étais, décidément, pas assez courageuse pour tenter quoi que ce soit pour que ma vie s'arrête, mais j'aurais bien aimé l'avoir, ce courage en cet instant précis. J'en étais là dans mes pensées, quand Elisa reprit la parole, répondant à ma précédente phrase. « Hum… oui bien entendu le hasard peut faire les choses bien parfois. » dit la brune, d'une voix totalement neutre. Elle me ressemblait tellement que c'en était presque déstabilisant. Au niveau caractère, j'avais la sensation que nous étions totalement différente. Mais à sa façon de dire cette dernière phrase, je ne pouvais qu'être persuader d'une chose : il subsistait des points communs entre nous, que personne de censé ne pouvait nier. Elle cachait, elle aussi, à la perfection ses émotions, aucun sentiment ne semblait pouvoir percer la carapace qui l'entourait. De plus, l'ironie était très présente dans chacune de ses paroles. Sa dernière phrase en faisant partie. Le hasard n'avait pas réellement bien fait les choses aujourd'hui, en nous faisant nous retrouver, chacune de nous deux était forcément d'accord sur ce point.

Inévitablement, le sujet de conversation était arrivé jusqu'à mon frère. Je ne pouvais décemment pas dire que cela m'enchantait sans proférer un mensonge énorme. J'aurais préféré parler de tout et n'importe quoi, mais surtout pas de ça. Parce que, même avec les années qui s'étaient écoulés, le trou béant ne s'était jamais refermé dans ma poitrine et il était d'autant plus présent aujourd'hui que je n'avais pas ma dose de cocaïne dans l'organisme. Ou en tout cas, je n'en avais pas suffisamment pour faire face à cette question sans prendre énormément sur moi. C'était bien la première fois depuis de nombreuses années que j'allais devoir le faire comme ça, sans aucune autre protection que moi-même. Je l'avais fait devant Stew, mais avec une bonne dose de cocaïne dans le sang. Là, c'était totalement différent. Pire même, par rapport au fait qu'Elisa était la seule personne à avoir connu mon frère et à savoir à quel point j'étais proche de lui. Elle m'avait accompagnée pendant des années et des années, elle avait donc largement eu l'occasion de me voir aux côtés de mon frère. Elle ne pouvait donc que deviner à quel point cela avait été dur pour moi de surmonter la mort d'un être aussi proche que lui ne l'avait été. Peut-être même devinerait-elle que c'était en très, très grande partie à cause de ça si j'étais aujourd'hui dépendante à la cocaïne, alors que j'étais totalement contre, avant. Malgré tout, je m'étais efforcée de prendre un visage impassible, il était tout simplement hors de question qu'une quelconque émotion sur mon visage ne me trahisse. Oh, je ne doutais pas de ça : elle devinerait à quel point cela me rongeait, mais autant qu'elle ne fasse que l'imaginer. Elle n'avait pas besoin de voir ça. Cela avait été bien plus difficile que prévu, mais j'y étais parvenue. Du moins, je l'espérais. J'avais même réussit à prendre un ton froid et détaché en faisant une annonce aussi.. bouleversante. Et bouleversante, elle l'avait été pour Elisa. Première chose qu'elle ne réussissait pas à me cacher depuis le début de cette conversation. J'avais eu raison en pensant qu'elle tenait à lui, ne serait-ce qu'en ami, au vu de la réaction qu'elle venait d'avoir. D'une voix beaucoup moins sûre, elle avait été jusqu'à demandé quand cela était arrivé. Je lui avais répondu, n'ayant pas besoin de beaucoup de temps pour réfléchir à la réponse d'une telle question. Dieu merci, Elisa resta, par la suite silencieuse. Elle ne demanda pas plus d'informations, il faut dire que j'aurais été parfaitement incapable de lui expliquer les circonstances de sa mort. Et je n'aurais pas pris la peine de répondre à une question pareille, d'ailleurs. Ne voulant absolument pas que le silence s'éternise, j'avais décidé de lancer un nouveau sujet de conversation. Je devais bien l'avouer, cela me permettait aussi de parler d'autre chose, ce qui était un immense soulagement. Je lui demandai alors ce qu'elle était devenue, parlant très vaguement de son travail. Elle ne tarda pas à me répondre. « Eh bien… Je te l’ai dis j’ai voyagée un petit peu et je suis arrivée ici il y a deux ans me faire une nouvelle vie. Et toi ? » répondit-elle, élucidant très bien la question que j'avais posée en réalité. Elle ne voulait pas tout me dire, c'était son choix et ce n'était certainement pas moi qui allait lui en tirer rigueur ! « Moi, rien de spécial. Je suis venue m'installer ici quasiment tout de suite après avoir quitté New-York. » lui répondis-je, utilisant le même ton vague que celui qu'elle avait également utilisé en répondant à cette question. Après tout, elle n'avait pas besoin de savoir toute ma vie. Elle en connaissait déjà l'essentiel, de toute façon...




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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Sam 5 Nov 2011 - 22:05


→ Summer & Elisa
« J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé »


« Moi, rien de spécial. Je suis venue m'installer ici quasiment tout de suite après avoir quitté New-York. » Alors voilà c’est à cela que ça s’arrête ? C’est à ces mots que cette soudaine rencontre se termine ? C’était tellement triste au fond, bien sûr que revoir Summer me faisait du mal parce que je me souvenais de New York de toutes mes insomnies, de mon désespoir, de ma peur de vivre de cette manière et bien entendu elle me rappelait mon entré dans le monde de la drogue mais quand même c’était horrible de voir que votre meilleure amie depuis très longtemps ne peut pas rester plus de dix minute en votre compagnie. Alors quoi ? Parce qu’on ne se voit plus pendant dix ans on efface tout le reste ? Parce que l’on prend désormais de la drogue on doit oublier qu’un jour on avait été amies et pas simplement voisine ? Peut-être qu’au fond je devrais faire cela, j’avais vécue dix ans sans la voir peut être que je devrais retourner chez moi, fermer les yeux, prendre un peu de cocaïne et oubliée cette jeune femme blonde chez qui j’allais chercher du réconfort quand j’étais plus jeune, quand j’étais une autre femme, quand j’étais une petite fille fragile et faible. Je l’aurais surement fait si elle ne m’avait pas dit pour la mort de son frère, bien sûr cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vue mais je l’avais connu, nous n’étions pas les plus proches au monde mais lui aussi avait fait partie de ma vie à sa manière. Est-ce que je pouvais renier cela ? Partir en tournant le dos et oublié qu’un jour j’avais connu le frère et la sœur Jones ? Je me voilais la face si jamais je répondais oui. On ne choisit pas sa famille mais par contre ses amis oui ça veut dire qu’à un moment ou à un autre j’ai acceptée et elle a acceptée de m’avoir comme amie, elle a accepté que je fasse partie de sa vie même si ça ne devait pas l’enchanter au tout début bien sûr. Est-ce qu’une pauvre poudre blanche pouvait faire oublier une vie ? Non. Non sinon je crois qu’on ne continuerait pas à être malheureuse, elle ne pleurerait plus son frère, elle ne serait plus triste et je ne serais plus jamais malheureuse… Plus jamais. Cette drogue aider un petit peu mais les problèmes étaient au fond de nous et non en dehors, la coke pouvait réparer les blessures quelques minutes peut être mais elle n’efface rien bien au contraire. C’est un peu comme lorsqu’on a mal et que l’on appuie très fort sur l’endroit où l’on souffre, la douleur s’arrête mais finalement ça reprend de plus belle. Eh bien la prise de drogue est exactement comme cela on n’a plus mal pendant quelques temps avant de se réveillé. Dès lors que j’ai vue Summer je me suis passé pour la garce que j’étais devenue, je l’ai fait pour ne pas souffrir malheureusement j’en souffrais quand même, j’étais triste d’en être arrivé à ce point-là. J’avais voulu faire un effort en lui parlant de son frère malheureusement j’aurais dû écouter ma mère et tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de l’ouvrir pour de bon. Elle me parlait de New York tout de même, je ne savais pas ce que la Summer d’aujourd’hui était devenue, certes elle vivait à Chicago depuis surement un moment et elle prenait de la drogue depuis longtemps mais à part ça ? Est-ce qu’au fond elle était toujours la jeune fille que je connaissais ou était-elle définitivement morte ? Derrière le vernis il devait y avoir la femme que j’avais connue, la Summer avec qui j’étais devenue amie j’en étais presque sûre. « Oui jecomprends… » C’était tout ?? Réellement j’allais m’arrêter là ? M’arrêter à trois mots sortis en moins d’une seule seconde ? Je soupirais. Je n’étais pas prête à lui raconter ma vie. Je ne savais pas si j’étais capable de tout lui dire, l’Espagne, le bébé, la drogue etc… Je ne sais pas si je pouvais mais ce que je savais c’est que je ne pouvais définitivement rejeter mon amitié pour elle, je ne pouvais pas tirer une croix ainsi je l’avais abandonné une fois je n’allais pas faire de même tant qu’elle ne me le demanderait pas.

« Si on m’avait dit il y a plusieurs années que je me retrouverais à Chicago avec toi dans le même état que le mien je crois que j’aurais explosé de rire. Si y a bien un truc que je ne nous imaginés par prendre c’est bien de la drogue. Je me suis toujours dis que je préférais mourir plutôt que prendre cette merde… J’ai dû mal à réaliser que j’en suis arrivée là. » C’était vrai quand je repense à moi quand j’avais douze treize ans je me disais que jamais je ne toucherais à ça, jamais je ne fumerais et jamais je ne boirais, jamais je ne sombrerais comme ma tante Daniella. Je me frotte les yeux en soupirant de nouveau sans rien dire pendant quelques minutes, puis je reprends la parole. « Quand j’ai quitté ton appartement au petit matin après ma connerie c’était une évidence qu’il me fallait un truc fort pour éviter de me jeter d’un pont. Et je suis tombée sur mon dealer. » Je n’avais plus reparlé de cette soirée depuis qu’elle s’était passé, c’était une évidence je ne pouvais pas en reparlait sans avoir envie de vomir, aujourd’hui onze ans plus tard ce n’était plus la même chose, je me fichais un peu de tout, je crois que ça venait de la drogue justement, c’est un sentiment étrange qui ne donne plus envie de penser, qui ne donne plus envie de se morfondre. Comme si aujourd’hui cette erreur n’était plus rien. Parfois je me dis que j’aurais mieux fait de me jeter d’un pont quand même, j’aurais mieux fait d’en finir une bonne fois pour toute puis le reste de l’année je me dis que ma vie pourrait être bien pire et que je n’avais pas à m’en faire qu’un jour j’aurais quelque chose de bien qui me tomberas sur la tête. C’est beau d’y croire non ? C’est bien de se dire qu’un jour ou l’autre la vie peut sourire à n’importe qui. On appelle ça l’espoir je crois. L’espoir je devrais en avoir je n’ai que vingt-cinq ans après tout mais je n’en avais pas tant que ça peut être que la drogue était responsable de cela, peut être que c’était mon état d’esprit depuis ma naissance. Me tournant de nouveau vers Summer j’arrête enfin de parler de moi et de cette idiote de drogue et je lui pose une question que je n’aurais peut-être pas dû mais c’était plus fort que moi. « Tu regrettes ? Je veux dire… Si on te donner l’occasion de te lancer dans la drogue ou de recommencer sans tu ferais quoi honnêtement ? » Si je ne m’étais pas lancer dans la drogue je serais peut être maman aujourd’hui, je serais peut être marié et surement heureuse, quand on pense à mon rythme de vie on se demande ou j’aurais eu le temps de vivre avec un homme tout en étant fidèle à celui-ci bien sûr mais je n’ai pas toujours été une coureuse d’homme.
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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Jeu 29 Déc 2011 - 15:49


Elisa R. Daniels & Summer K. Jones


Combien de chance avions-nous pour nous retrouver ? Sincèrement, très peu à mes yeux. Après tout, Chicago était une grande ville et pourquoi avions-nous toutes les deux décidées de nous rendre dans cette ville précisément ? Le hasard faisait parfois des choses étranges... Pour le coup, ce n'était pas réellement une bonne chose. D'un côté, j'étais heureuse - d'une certaine façon - de savoir que mon ancienne meilleure amie était toujours en vie, mais d'un autre côté, le passé semblait me rattraper d'une manière qui ne me plaisait guère. C'était dangereux, très dangereux. Je ne pouvais, ou plus tout du moins, me permettre de m'attacher à quelqu'un. Prendre la fuite n'était pourtant pas dans mes habitudes, je n'allais pas commencer avec ça aujourd'hui. Je préférais encore rester ici, faire en sorte que ce soit elle, qui tourne les talons, et lance son départ. Et puis, ce n'était pas comme si je me lançais dans quoi que ce soit, je pouvais prendre de ses nouvelles et ensuite je retournerais à ma petite vie insignifiante. Elisa avait quand même fait partie intégrante de ma vie pendant très longtemps... Je ne pouvais pas juste lui tourner le dos et m'éloigner comme si notre amitié n'avait été que peu utile à mes yeux. Ce serait mentir. « Oui je comprends… » répondit-elle après une minute complète de silence. Finalement, je n'aurais pas le temps de réapprendre à la connaître, de savoir ce qu'il s'était passé dans sa vie depuis sa totale disparition du Bronx, et c'était sans doute mieux ainsi. J'étais partagée entre deux : j'étais heureuse de la revoir après tout ce temps, et j'avais envie de poursuivre plus longuement cette conversation, mais en même temps, je savais que c'était une très, très mauvaise idée. Pouvais-je prendre un risque aussi énorme ? Il me suffisait de repenser à mon père, à ma mère, ou encore à mon frère pour me rendre compte que non, définitivement, je ne pouvais pas prendre un tel risque. Mais mon esprit semblait ne pas vouloir faire ce que j'envisageais depuis le départ, depuis que j'avais croisé les yeux de mon ancienne meilleure amie. Mes jambes restaient inactives, sans doute à cause de cette foutue fierté qui m'empêchait de partir la première, de prouver à quel point j'étais faible et lâche. Au lieu de prendre mes jambes à mon cou, je restais là, à ses côtés, à discuter avec elle sur un ton plus qu'ironique. Nous n'abordions pas clairement notre amitié disparue, nous savions exactement de quoi il était question, et nous ne parlions pas non plus de notre nouveau statut de droguée. La conversation aurait pu s'arrêter là, mais non, tout cela n'était pas encore clos. Pas encore, parce qu'elle finirait bien par l'être, d'une manière ou d'une autre... Le doute n'était pas permis sur ce point là. Toujours est-il que je gardais le silence dans l'espoir, sans doute, qu'Elisa finisse par faire ce que je refusais de faire par principe : m'enfuir. Quoi que, je n'étais pas mal à ce jeu là en réalité... Le silence entre nous était quelque peu gêné. Cela n'avait pourtant pas toujours été comme ça... Bien au contraire. Les rares silences qui parvenaient à se glisser entre nous étaient simples, évidents. Ils étaient normaux et complices. Pas comme aujourd'hui. Parce qu'aujourd'hui, trop de choses avaient changé, que ce soit au niveau de nos caractères ou de nos situations respectives. Le temps avait fait son affaire, il avait bouleversé tout ce qui avait pu exister entre nous... Tout était-il perdu ? Cela me paraissait presque évident... Rien ne pourrait redevenir comme avant. « Si on m’avait dit il y a plusieurs années que je me retrouverais à Chicago avec toi dans le même état que le mien je crois que j’aurais explosé de rire. Si y a bien un truc que je ne nous imaginés par prendre c’est bien de la drogue. Je me suis toujours dis que je préférais mourir plutôt que prendre cette merde… J’ai dû mal à réaliser que j’en suis arrivée là. » finit-elle par dire, me coupant dans mes songes, m'empêchant définitivement de partir en courant. Je l'observais, sans mot dire, sans bouger un seul de mes membres. Je n'avais pas la moindre idée de ce que je pouvais lui répondre. Tout simplement parce qu'il n'y avait rien à rajouter à sa tirade, elle avait totalement raison et c'était le reflet pur et simple de ce que je ressentais moi-même. L'ancienne Elisa et l'ancienne Summer étaient restées dans le Bronx, dans nos maisons respectives, la drogue les avait effacé, définitivement. Et non, je n'aurais jamais pu me douter qu'un jour, je serais à mon tour l'un de ces toutous accros à une substance illicite. Et j'aurais été parfaitement incapable de deviner qu'Elisa aussi deviendrait une junkie. Le Destin faisait de drôles de choses, vraiment...

Les mots semblaient ne pas vouloir sortir de ma bouche. J'hésitais, je ne savais plus quoi répondre. Heureusement, Elisa me tira de ma confusion la plus totale en reprenant bien vite la parole. « Quand j’ai quitté ton appartement au petit matin après ma connerie c’était une évidence qu’il me fallait un truc fort pour éviter de me jeter d’un pont. Et je suis tombée sur mon dealer. » narra-t-elle, me statufiant sur place par la même occasion. Onze longues années pleine de rebondissements en tout genre avaient beau s'être écoulées, je n'avais aucun mal à retourner en arrière, à revivre cette soirée en un temps record. Je n'avais rien oublié : de l'heure à laquelle elle avait commencé à toutes les paroles échangées ce soir-là. A croire que certaines informations de mon ancienne vie, toutes plus insignifiantes les unes que les autres, restaient encrées dans mon cerveau, comme marquées à l'encre indélébile. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé, la cocaïne que je prenais tous les jours en était la preuve même... Je l'écoutais s'expliquer sans broncher. J'avais tant attendu pour la revoir, tant attendu pour entendre des explications sur son départ précipité que je n'étais plus certaine de vouloir savoir tout cela. Même si, dans le fond, c'était rassurant de se dire qu'elle n'était pas partie à cause de moi. Je m'en étais toujours doutée, mais c'était la seule réaction que je pouvais envisager d'avoir, sur le coup. J'étais sa meilleure amie à l'époque, pourquoi n'avait-elle pas pris la peine de me prévenir qu'elle quittait Chicago ? J'avais eu le temps de la voir droguée, oui, mais ce n'était pas une raison. Je n'avais absolument rien compris et à présent, tout semblait s'éclaircir un petit peu. De toute façon, c'était trop tard. Il n'était pas possible de retourner en arrière. « Je comprends. Je m'en doutais un peu, en fait... » lui appris-je, sans mentir une seule seconde. Parce que oui, cela me paraissait évident... Après une telle connerie pareille, elle ne pourrait pas juste retourner vivre chez sa tante, la bouche en coeur. De là à ce qu'elle me laisse de côté, c'était une autre histoire... « Tu regrettes ? Je veux dire… Si on te donner l’occasion de te lancer dans la drogue ou de recommencer sans tu ferais quoi honnêtement ? » reprit-elle après un bref instant de silence. La voix douce de mon amie me tira une nouvelle fois de mes songes et instinctivement, je tournais la tête dans sa direction, détaillant son visage que j'avais beaucoup de mal à reconnaître. La drogue et les obstacles avaient faits leur chemin.... Après onze ans, c'était tout à fait normal, en même temps. Je me concentrai sur ce qu'elle venait de me dire, ne réalisant qu'après la significations de ses mots. Je suppose que nous ferions tout pour ne plus nous recroiser après cette discussion, et nous arriverions, dans une grande ville comme Chicago, je n'avais donc aucun mal à réfléchir sérieusement à ce que j'allais lui répondre. Il ne me fallut pas plus de cinq minutes pour trouver ma réponse. Une réponse tout à fait sincère, d'ailleurs. « Je reprendrais de la drogue, sans aucune hésitation. Parce qu'elle a beau avoir de nombreux aspects négatifs, je ne serai pas là sans elle. » lui répondis-je rapidement. C'était certain, sans mes prises régulières de cocaïne, je serais sans doute six pieds sous terre depuis bien longtemps... Elle m'avait permis de rester en vie, de survivre dans cette jungle que représentait sans contestation possible Chicago. « Et toi, que ferais-tu ? » lui demandai-je en l'observant et en attendant une réponse sincère, tout comme je l'avais fait un peu plus tôt. Une fois que nous nous serions éloignées, je garderai précieusement cette conversation. Après tout, Elisa avait compté, et maintenant que j'avais eu quelques révélations sur les raisons de son départ, j'avais bien l'intention de tout conserver dans un coin de ma tête.




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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Sam 7 Jan 2012 - 1:15


→ Summer & Elisa
« J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé »


« Je comprends. Je m'en doutais un peu, en fait... » Parler de ce jour précis où j’ai vendu mon corps à mon beau père, pour l’argent qui m’a permis de vivre durant quelques temps, était un moment difficile. Je n’y avais plus repensé depuis mon départ de New York et ce n’est pas vraiment un exploit que j’aime raconter à tout le monde. Coucher avec son beau-père alors qu’on a quatorze ans ça semble totalement dingue et limite malsain mais je l’ai fait pour me sauver. Une fois de plus Summer avait été là pour essuyer mes larmes qui coulaient le long de mes joues. Je n’étais pas capable de raconter grand-chose mais le peu que j’avais réussis à dire était déjà difficile à raconter. Bref peu importe. Je savais que discuter avec Summer raviverait de vieilles blessures et je n’étais pas sûr d’avoir envie de faire cela. J’aurais pu partir bien sûr mais au lieu de ça je préférais rester. Statique. Totalement incapable de bouger. C’est en voyant que je ne pouvais définitivement pas bouger de là que j’ai décidé de lui poser une question. Est-ce qu’elle arrêterait la drogue si jamais elle le pouvait ? Si on lui demandait la chance de pouvoir effacer son ardoise et recommencer sa vie. « Je reprendrais de la drogue, sans aucune hésitation. Parce qu'elle a beau avoir de nombreux aspects négatifs, je ne serai pas là sans elle. » Je me mordillais les lèvres. Je savais qu’elle n’avait pas tort. La drogue était traitre, était mauvaise mais elle nous avait tout de même aidé. Nous avions dépassé les dix-huit ans ce que je ne pensais pas possible des années auparavant. J’étais un peu dans mes pensées quand j’ai entendu la voix de la jeune femme raisonné un petit peu. « Et toi, que ferais-tu ? » C’était une question intéressante je ne me suis jamais penché sur cette idée. Est-ce que j’aurais tout arrêté ? Est-ce que j’aurais pris le premier cachet, le premier joint, la première ligne de poudre ou même une piqure ? Je ne sais. Je ne sais pas ce que j’aurais fait. Je cherchais d’ailleurs la meilleure manière de répondre à cette question. Non mais sérieusement pourquoi j’avais demandé cela à Summer. Je savais qu’elle me retournerait la réponse ! J’étais vraiment conne quand je m’y mettais. Je me serais bien taper la tête dans le mur juste à côté. Au lieu de ça j’ai dit la première chose qui me venait dans la tête. « Moi ? Je crois que je ferais les choses différemment. Tombé dedans je serais tombée dedans de toute manière mais… Non tu as raison je reprendrais de la drogue sans hésitation aussi. Je crois que je suis vouée qu’à ça. » Ah c’était génétique de toute évidence. Mais c’est vrai que lorsque j’y pense si ma mère et mon père n’étaient pas morts à cause de cette poudre merdique je serais peut-être clean et avocate par exemple. Je vivrais toujours à Buenos Aires et je serais mariée. Le bonheur. Mais bon-là n’était pas ma vie je ne vivais plus en Argentine et je vivais bien à Chicago. Ville plus que pourrie. Ville dangereuse en plus de ça.

« Je suis maman… » J’avais lâché ça comme si je lui demandais de me filer une cigarette. C’était sorti tout seul et je n’avais pas pu l’empêcher de franchir la barrière de mes lèvres. Summer avait été ma seule amie durant toute mon adolescence et même si elle ne me connaissait pas beaucoup je lui devais beaucoup. Elle m’avait empêché bon nombre de fois d’en finir avec ma vie aussi minable soit elle. Par ses simples mots elle m’avait empêché de faire une erreur. C’est pour cela que même des années plus tard je trouvais ça logique de lui dire que j’étais mère. Le dire pour la première fois me faisait mal au cœur. Celui-ci se retrouvant serré dans ma poitrine comme si je l’avais collé dans un étau. Fermant les yeux l’espace d’un instant, je soupirais de nouveau consciente que cette phrase venait d’ouvrir une nouvelle plaie à mon cœur. « Je sais je viens de te dire ça comme si je t’annonçais que j’ai mangé une pomme mais j’avais besoin de le dire à voix haute au moins une fois. Je l’ai abandonnée… Comme j’ai abandonnée tout le monde dans ma vie. » J’avais une longue liste de personne que j’avais abandonné. A commencer par mes parents, certes ils étaient morts mais je les avais abandonnés en ne continuant pas à vivre comme ils l’avaient voulu tous les deux. Puis j’avais abandonné Summer alors qu’elle avait besoin de moi, elle aussi, j’ai rencontré celui qui a partagé ma vie durant trois longues années et je l’ai abandonné lui aussi. Parce que j’avais peur de notre vie. Parce que j’avais peur pour la vie de ma fille. Il n’aurait pas accepté que j’abandonne Tina. Jamais. Il aurait préféré m’attaché au lit durant neuf mois pour que j’évite de donner notre fille à la première famille d’accueil qui passait. Pourtant c’était le mieux à faire. Je ne l’avais pas fait par égoïsme mais bien pour elle, je voulais qu’elle soit enfin heureuse, je lui souhaitais une belle vie, une vraie vie, pas celle que je pouvais lui offrir. Et bien sûr la dernière personne que j’avais abandonné c’était ma fille, ma chair, mon sang. Lorsqu’on écoute les parents ils disent que se séparés de leur enfant pour la journée est parfois bien difficile. Je me suis toujours dis que donner ma fille serait la même chose. Après tout je n’avais eu le temps que d’apercevoir son sourire et ses jolis yeux. Mais encore aujourd’hui je repensais à ce sourire et à ce visage d’ange. Je regrettais d’avoir abandonnée celle-ci. Mais j’avais fait la meilleure des choses pour elle. Quelle vie aurait-elle aujourd’hui avec une mère stripteaseuse qui pourrait se faire tuer par son seul amour à n’importe quel moment ? L’amour aura surement ma peau. Il finira par me retrouvé un beau jour et demandera ma vie en compensation de la douleur que j’avais fait subir à son cœur. Il ne supportera jamais d’avoir été trompé de cette manière. Je l’avais fait souffrir aussi bien physiquement que psychologiquement, j’avais fait cela pour ma fille mais il s’en n’en aurait rien à faire si je lui racontais. Quelle vie pouvait-il lui donner lui ? Une vie remplie de drogue, d’alcool et de violence conjugale ? Un mari qui tape sur sa femme. Une femme qui tape sur son mari. Si je pouvais au moins lui offrir quelque chose c’était la paix et le bonheur. J’avais fait une bonne action. Une seule et unique. Je me suis toujours dis que les relations qu’on entretenait avec nos parents finissait par nous faire grandir de manière positive ou négative. Par exemple je n’avais eu pour modèle que ma tante. Elle buvait, prenait de la drogue et se prostituée, j’ai toujours su qu’un jour ou l’autre je deviendrais soit alcoolique, soit droguée, soit prostituée. J’en cumule deux sur trois j’aurais pu avoir le carton plein. Relevant donc les yeux sur Summer, je soupire avant d’hausser les épaules. « Enfin… C’est la vie. » Oh oui c’était la vie. Il n’y avait pas grand-chose à dire pour qu’elle change. Le passé appartenait au passé, le présent était impossible à changer et le futur je le connaissais déjà. Une overdose dans un caniveau de Chicago. Un petit article sur le journal qui dira qu’une droguée est morte et c’est tout. Rien de plus. Pas d’enterrement. Pas de larmes. Rien. J’atteindrais peut être la paix ce jour-là.
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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Dim 29 Jan 2012 - 16:13


Elisa R. Daniels & Summer K. Jones

J’aurais dû m’y attendre depuis le départ. Cette rencontre n’avait rien de bon. Elle était même tout l’inverse. Parce que faire face à son passé quand on s’évertue depuis des années à l’effacer, cela ne peut donner qu’une rencontre explosive. Beaucoup de sujets délicats étaient abordés. A commencé par mon frère. En fait, ce n’était pas simplement un sujet délicat. C’était tout à fait le genre de chose dont je ne pouvais pas parler. Parce que je ne l’avais jamais fait jusqu’à présent et que le simple fait de l’entendre me demander de ses nouvelles me donnait envie de prendre une forte dose de cocaïne pour oublier tout ça. J’avais pourtant pris mon courage à deux mains et j’avais gardé un visage neutre tout en lançant ce que je savais être une bombe. Après tout, elle avait connu mon frère et avait quand même passé pas mal de temps avec lui, elle ne pouvait donc qu’être – ne serait-ce qu’un minimum- abasourdie par cette nouvelle. Sa mort ne pouvait pas être un choc que pour moi. Même si, à l’époque, avec ma mère, j’en avais eu l’impression. Heureusement pour moi, Elisa, une fois qu’elle se fut remise après une telle annonce, n’insista pas. Parce que je n’aurais pas été capable de garder la face plus longtemps. J’avais déjà fait de gros efforts en ne montrant pas à quel point ce souvenir était encore très présent dans ma tête, il n’était pas nécessaire de tenter le diable en s’attardant là-dessus. Quoi qu’en même temps, ce n’était pas beaucoup mieux de revenir sur ce qui nous avaient toutes les deux poussées à nous plonger dans la drogue. Je me rappelais comme si c’était la veille que cela s’était passé de la dernière soirée que nous avions passé toutes les deux. J’avais séché ses larmes, en la laissant se confier à moi si elle le souhaitait, et le lendemain, elle partait sans me dire quoi que ce soit. J’avais eu du mal à m’en remettre, mais d’autres problèmes étaient survenus dans ma vie, et je m’étais faite à l’idée qu’elle ne reviendrait pas. Et puis, quelques années plus tard, je prenais de la drogue, comme j’avais pu m’apercevoir qu’elle le faisait aussi, le jour où je l’avais aperçue de loin. Parce que c’était le seul moyen qui pouvait me maintenir en vie. Bien qu’il soit difficile de concevoir que la cocaïne était ce qui m’avait sauvée la vie, ce qui m’avait empêchée de sauter sous une voiture. C’est pourquoi je n’avais pas eu besoin de réfléchir bien longtemps avant de confirmer que si j’avais la possibilité de choisir entre retourner en arrière, je reprendrai de la drogue sans la moindre hésitation. « Moi ? Je crois que je ferais les choses différemment. Tombé dedans je serais tombée dedans de toute manière mais… Non tu as raison je reprendrais de la drogue sans hésitation aussi. Je crois que je suis vouée qu’à ça. » répondit-elle, une fois que je lui eus retournée la question. Je réfléchis un instant à cette réponse. Elle ne pouvait pas être vouée qu’à ça, comme elle le disait. Nous avions tous les choix, à un moment ou un autre. Nous avions toutes les deux fait des choix plus que dangereux en commençant à prendre de la drogue, mais nous le faisions en parfaite connaissance de cause. Et nous étions toutes les deux d’accord pour dire que nous recommencerions si nous avions le choix. Parce que, après tout, la drogue était notre raison de vivre. « Peut-être que nous aurions réussit à nous en sortir sans. Peut-être. » repris-je, d’une voix pas le moins du monde convaincue. Je ne croyais pas du tout à ce que je venais de dire, mais je ne voyais pas ce que je pouvais répondre d’autre. Le passé avait déjà suffisamment été retourné dans tous les sens aujourd’hui, non ?

Je fixai un point invisible face à moi. Un point que j’étais la seule à pouvoir voir. Je faisais une petite excursion dans le passé. Je revoyais la mort de mon frère, ma première prise de drogue, la découverte du corps de ma mère, comme si cela se passait sous mes yeux. Cette conversation semblait me ramener sans arrêt en arrière, quoi que je puisse tenter pour que cela n’arrive pas. « « Je suis maman… » » lâcha-t-elle, m’empêchant de repenser à mon viol dans les rues de Chicago. J’aurais pu être soulagée à l’idée d’échapper à des souvenirs aussi douloureux mais ce ne fut pas le cas. Parce que la bombe que venait de lancer Elisa me statufia sur place. J’aurais dû m’attendre à un truc dans le genre. Elle avait l’air si mal qu’il avait dû lui arriver un bon nombre de problèmes depuis que l’on s’était « perdues de vue ». Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’étais pas attendue à ça. Absolument pas. Comment aurais-je pu deviner un truc pareil ? Je refermai ma bouche quand je réalisai qu’elle était ouverte depuis que j’avais fait une tentative pour lui répondre quelque chose. Je devais lui dire quelque chose, n’importe quoi, mais j’en étais parfaitement incapable. J’étais sous le choc, purement et simplement. Je la fixai en silence, attendant qu’une idée de réponse me vienne en tête. « Je sais je viens de te dire ça comme si je t’annonçais que j’ai mangé une pomme mais j’avais besoin de le dire à voix haute au moins une fois. Je l’ai abandonnée… Comme j’ai abandonnée tout le monde dans ma vie. » reprit-elle, ce qui me laissa le temps de reprendre mes esprits. Ne serait-ce qu’un peu. Je passai ma main qui ne tenait pas ma cigarette dans mes cheveux, dans l’espoir, sans doute, de trouver quelque chose à dire. Etais-je censée la prendre dans mes bras pour la réconforter comme je l’avais fais tant de fois dans le passé ? Ou alors devais-je me moquer de moi en confirmant ses paroles ? Je n’étais capable de ne faire ni l’un, ni l’autre. Le premier parce que j’étais loin d’être aussi tactile et je n’étais pas prête de la réconforter de nouveau, qu’avions-nous en commun à présent à part la drogue ? Et le deuxième parce que j’étais incapable de la faire souffrir. Elle m’avait fait souffrir, oui, mais j’étais dans l’incapacité la plus totale de lui rendre la pareille. J’avais beau essayer de dire, ou de faire croire le contraire, je ne pouvais pas la détester et dans le fond, j’étais persuadée de toujours l’apprécier, malgré ce qu’elle avait pu me faire. Et je n’avais pas pour habitude de faire souffrir les gens que j’appréciais. Ce n’était pas aujourd’hui que j’allais commencer ! Et certainement pas avec Elisa. « Enfin… C’est la vie. » conclut-elle. Je m’efforçai de sortir de ma torpeur et ouvrit enfin la bouche. Il était temps que je me décide à réagir, plutôt que de rester là à la regarder sans rien dire. « Tu sais, si tu as décidé de l’abandonner, tu devais avoir une bonne raison. On a toujours de bonnes raisons de faire ce que l’on fait. Alors, peut-être que tu n’arrives plus à savoir pourquoi maintenant. Mais dis-toi que ton enfant est forcément heureux. Forcément. » lui dis-je, sans doute pour la rassurer. Comment pouvais-je la convaincre alors que je ne pouvais pas être sûre moi-même de ce que je lui disais ? Mais c’était toujours mieux que de la fixer sans réussir à dire quoi que ce soit.




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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Jeu 2 Fév 2012 - 0:20


→ Summer & Elisa
« J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé »


Lorsqu’on est jeune on ne se rend pas réellement compte que toutes les décisions que l’on prendra affecteront notre futur, on pense que ça ne durera qu’un temps et qu’on ne repensera plus jamais à ce choix que l’on a fait qui ne paraissait pas important. Nos choix ne peuvent plus être changés, jamais. Ce n’est pas une femme accro à la drogue depuis dix ans qui va arrêter sa consommation du jour au lendemain. Je ne le voulais pas de toute façon. Redevenir une femme normale, supporter mon métier, les hommes, mon passé sans avoir de poudre à sniffer c’était impossible. J’étais réaliste si j’étais devenue cocaïnomane c’était bien pour oublier mon passé et me perdre dans mon avenir pas pour revenir sur mes déboires de mon passé et me plonger dans la dépression. De toute manière il fallait bien comprendre c’était soit la drogue soit le suicide. Je n’étais pas une lâche j’ai donc accepté de prendre de la drogue pour avoir un peu de temps pour moi. Revoir Summer c’était mal, très mal et j’aurais mieux fait de mettre mon égo de côté et de partir quand il en était encore temps. J’avais fait l’erreur de parler de son frère et je crois que ça m’a mis un nouveau coup au cœur en entendant qu’il était mort, je sentais une douleur lancinante dans la poitrine comme une nouvelle écorchure sur mon cœur déjà bien amoché. Je ne souhaitais pas continuer la conversation là-dessus j’en étais incapable. J’avais passé du temps avec lui et avec Summer j’avais eu un coup de cœur pour lui et même si il n’y a jamais rien eu je n’oublierais pas mon premier coup de cœur d’enfant. Mais voilà que la conversation avait dévié sur la drogue. Est-ce que nous referions exactement la même chose si quelqu’un nous faisait remonter le temps. Je pense que je ferais de même, à moins bien entendu que je puisse remonter assez loin pour sauver mes parents, là oui je suis sûre que ma vie aurait été différente, aucune drogue, pas d’alcool, pas de striptease, je serais resté en Argentine et je n’aurais surement pas terminé dans les bras d’un dealeur. J’avais besoin de me détruire ça faisait du bien. Je me sentais vivante ainsi. Quand je rencontre des gens qui ne me connaissaient pas avant que je ne prenne de la drogue je suis une femme normale, une femme certes droguée mais une femme heureuse. Lorsqu’on me connait de mon passé comme Summer on ne peut voir que les écorchures de ma vie. Le passé est peut être passé justement mais ça n’empêche pas de souffrir encore, un petit peu au moins. Cette conversation me donnait envie de prendre un peu de ma poudre blanche que j’avais dans mon sac mais je me retiendrais jusqu’au club, j’avais intérêt à faire gaffe Heath faisait des fouilles dans les sacs des filles maintenant je ne pouvais pas perdre ce boulot si je voulais continuer à consommer et à manipuler les hommes. «Peut-être que nous aurions réussi à nous en sortir sans. Peut-être. » Je tournais la tête vers Summer sans rien répondre. Est-ce qu’elle avait raison ? Est-ce qu’on aurait pu le faire sans ? Continuer à vivre ? Je sais bien que le reste du monde continue de vivre sans mais peut être qu’ils sont plus fort ou plus courageux que nous. Après tout je n’avais pas mis longtemps avant de plonger dedans et elle elle était quand tombée dedans alors que je l’avais toujours vue plus forte que moi.

Puis contre toute attente je lui avais dit que j’étais maman. Je ne l’avais encore jamais dis à haute voix. Comment le pourrais-je alors que je n’ai pas d’enfant qui m’attend chez moi. C’est à la fois mon meilleur choix et mon pire regret. Je ne pouvais pas m’occuper d’un enfant alors que j’étais stripteaseuse et que je me droguais fallait être honnête et ce rendre compte de la chose avant que ce ne soit trop tard. Ma fille dans une famille d’accueil moi dans un club à picoler c’était ce qu’il fallait vraiment. « Tu sais, si tu as décidé de l’abandonner, tu devais avoir une bonne raison. On a toujours de bonnes raisons de faire ce que l’on fait. Alors, peut-être que tu n’arrives plus à savoir pourquoi maintenant. Mais dis-toi que ton enfant est forcément heureux. Forcément. » Hum… La drogue ? Son père violent ? Mon côté autodestructeur ? Il y avait des tas de raison mais ce n’est pas pour ça que le matin je me réveil de bonne humeur et en souriant. Ça n’enlève pas les remords d’avoir de bonnes raisons. J’écrasais ma cigarette sur le sol en soupirant sans rien répondre. Est-ce qu’elle était heureuse au moins ? Je sais que parfois les familles d’accueil sont encore pire que les parents seulement je n’ai pas le courage d’aller jusqu’à chez eux pour découvrir comment vit ma fille de deux ans. J’avais bien trop peur de voir sa vie d’aujourd’hui. J’avais peur de la voir heureuse et d’entendre ce petit bout de chou appelé une autre femme que moi maman. Je savais que mon cœur ne résisterait absolument pas à ce genre de chose. C’était plutôt égoïste de ma part mais de toute façon tous ce que je faisais étaient d’une certaine manière fait par égoïsme. Je disais que c’était pour le bien de Summer que j’étais partie mais je n’avais jamais pensé qu’elle aurait pu en souffrir. Comme quoi je n’avais pensé qu’à moi. Encore une fois. « J’espère que t’as raison… Je l’espère vraiment. » Me détachant enfin du mur sur lequel j’avais pris appuie je plonge mes mains dans mes poches. Nous en étions arrivés à la fin de la conversation, il fallait que je parte sinon j’allais imploser, je le savais. J’avais besoin de ma drogue, j’avais besoin de tous remettre en ordre. Regardant mon téléphone je tourne la tête vers la jeune femme avant de reprendre la parole. « Je suis désolée je dois partir travailler… à un de ses jours alors. » Je lui fais un signe en souriant légèrement avant de commencer à partir, je me ravise finalement et la serre dans mes bras. « Ça m’a fait plaisir de te voir. » Cette fois ci je pouvais partir. Je lui avais dit ce que je ressentais et je devais fuir, fuir vite, très vite. Une fois au bout de la rue j’ai déposé mon dos contre le mur et j’ai relâché la pression, soupirant longuement pour éviter de laisser transparaître ma peine.

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MessageSujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer    Sam 3 Mar 2012 - 9:30


Elisa R. Daniels & Summer K. Jones

J’avais beau dire que nous aurions peut-être pu nous en sortir sans la drogue, je n’en pensais pas un seul mot. J’étais quasiment persuadée que la quasi totalité des junkies me diraient la même chose. Quand ce n’est pas par pur jeu que l’on prend cette merde, quand notre première prise remontait à de nombreuses années en arrière pour une raison bien précise et bien trop douloureuse pour que l’on tente de se la rappeler, nous ne pouvions pas voir les choses différentes. Accepter la mort de mon frère ? J’avais pu le faire, au début, uniquement pour tenir ma promesse envers lui. Mais je n’avais tenu guère longtemps. J’avais bien vite sombré, à cause de ma mère, et je ne m’étais jamais sortie de là. Pour se sortir de cet état végétatif qui qualifiait si bien les drogués, il fallait de l’espoir, et beaucoup de courage. Je ne faisais pas partie de cette catégorie de junkies, capable de survivre à ça, ou plutôt sans ça. Et je n’en ferais sans doute pas partie. En faisais-je un drame ? Pas le moins du monde. La cocaïne faisait partie intégrante de moi et je faisais partie intégrante de la cocaïne. Nous étions devenues indissociables, rien ne pourrait plus nous séparer. Je n’avais pas la volonté nécessaire pour cela. Tout ce que je voyais, pour mon futur, était une junkie qui finirait par se tuer avec une trop forte dose. Mon Destin ne pourrait se passer autrement, ma mort se passerait ainsi. Je n’étais peut-être pas suffisamment lucide pour arrêter toute prise de drogue, mais je l’étais assez pour savoir à l’avance que ma mort ne pourrait pas se dérouler autrement. A moins que je ne me fasse tuer à un carrefour du Chicago, comme beaucoup d’autre avant moi. Cette ville était loin d’être tranquille, et elle était encore moins sûre. La preuve était avec tout ce qui s’était déroulé depuis que j’avais aménagé dans mon petit appartement misérable. Apparemment, la route d’Elisa avait été semée d’embûches. J’avais été tenue au courant pour tout ce qu’il s’était passé il y a de très nombreuses années, mais depuis son départ, plus rien. Qu’avait-il bien pu lui arriver ? Qu’avait-il bien pu se passer pour qu’elle décide d’abandonner son enfant ? Les réponses à ces questions, je ne les aurais sans doute jamais. Parce qu’à présent, nous étions comme des étrangères. Elle savait pour mon frère, je savais pour son enfant, mais cela s’arrêtait là. Notre rencontre ne pouvait pas traîner en longueur. Nous pourrions encore parler pendant des heures, de notre passé, de notre présent, mais surtout pas de notre futur. Le sien serait sans doute aussi sombre, inutile, désespérant, et négatif que le mien. Pas parce que je lui souhaitais, surtout pas !, mais je pouvais penser cela au vu de tout ce que nous nous étions dit durant cette conversation. Je l’avais toujours apprécié, le doute n’était pas permis, et je l’appréciais sans doute toujours aujourd’hui. Mais que pouvais-je faire de plus ? Rien. Nos routes s’étaient séparées il y a bien longtemps et rien ne pourrait plus les faire se croiser de nouveau. Je préférais largement garder l’image de la Elisa que j’avais connue, et je préférais que, de son côté, elle conserve une image de la Summer forte, déterminée, et souriante. C’était mieux ainsi, mieux pour nous deux.

« J’espère que t’as raison… Je l’espère vraiment. » lança-t-elle, sans que je ne puisse deviner si elle le pensait réellement ou si, pour elle, tout espoir était totalement et définitivement perdue. Pour moi, elle avait forcément fait cela pour le bien de son enfant. Certes, savoir qu’elle avait eu de bonnes raisons de faire ce qu’elle avait fait n’était pas forcément la chose la plus rassurante au monde, mais c’était un bon début, non ? Et puis, pourquoi son enfant ne serait pas heureux ? Il devait forcément l’être, quelque part dans les Etats-Unis, ou ailleurs. Elisa ne pouvait pas être malchanceuse à ce point… Après avoir remis ma cigarette en bouche, j’inspirai profondément une nouvelle fois. Mes poumons semblèrent s’emplirent à nouveau. Le tabac me permettrait de tenir jusqu’à ma nouvelle dose qui n’allait sans doute pas tarder. Trop de révélations d’un coup. Trop de nouvelles arrivée en même temps, et qui avaient causé la réouverture d’un trou béant dans ma poitrine. Revoir Elisa avait été douloureux. Lui parler de mon frère l’avait été également. Et tout le reste de la conversation n’avait rien arrangé. J’avais l’impression d’être oppressée, den e plus pouvoir respirer. Seul le tabac me permettait de ne pas m’enfuir en courant. Et peut-être aussi parce que, dans le fond, j’étais plus qu’heureuse de la retrouver saine et sauve. Peut-être pas en parfaite santé, peut-être pas heureuse, comme j’aurais pu l’espérer. Mais elle était en vie, et c’était le plus important. Du coin de l’œil, je l’observais se redresser, avant de mettre ses mains dans ses poches. « Je suis désolée je dois partir travailler… à un de ses jours alors. » me salua-t-elle après avoir regardé son téléphone. Je lui fis un léger sourire, à mon tour. « A bientôt, Elisa. Prends soin de toi. » lui répondis-je avec un léger signe de la tête. Nous n’étions plus les adolescentes d’autrefois, nous n’étions pas capables de plus. Ou tout du moins, plus maintenant. Notre insouciance s’était envolée, en même temps que tout le reste. Nous n’avions pas pu la rattraper au vol et c’était à présent trop tard. Bien trop tard. Une dernière bouffée de tabac puis j’écrasai ma cigarette sur le sol avant de relever la tête pour la voir s’éloigner. Contrairement à ce que j’avais pu imaginer, elle venait de faire demi-tour et avant que je n’aie pu dire quoi que ce soit, elle me prit dans ses bras. D’abord trop surprise pour réagir, je finis par la serrer légèrement contre moi. Une exception, une seule. Il s’agissait quand même d’Elisa… « Ça m’a fait plaisir de te voir. » lâcha-t-elle avant de s’éloigner très rapidement. « Moi aussi. » répondis-je doucement, en sachant qu’elle ne pouvait déjà plus m’entendre. Elle tournait déjà au coin d’une rue. Je mis plusieurs minutes à réagir, restant plantée là sans faire le moindre mouvement, avant de me décider à bouger. Je passai une main dans mes cheveux, tournai les talons, et m’éloignai sans demander mon reste.

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