Le soleil se lève ce matin là mais j’ai l’impression qu’au contraire la pluie ne cesse de tomber. Je suis une femme pleine de joie quand quelqu’un me regarde mais quand je suis seule je me laisse aller à ma vraie nature. Femme forte, femme horrible, femme exécrable, voilà ce que je suis devenue avec les années. Comment m’apprécié ? Je ne veux pas d’amie, pas de connaissance, je ne cherche que la tranquillité et la séduction simplement cela. Le soleil filtre par la fenêtre de la chambre dans laquelle je dors, non je ne suis pas seule, non je ne dors jamais seule, j’ai peur toute seule, la nuit je sens encore la douleur de toute ma vie m’attaquer violement, sadiquement, je préfère être accompagné, d’un homme principalement. Je tourne la tête et en me frottant les yeux, je souris parce que je me souviens maintenant que j’avais réussis à avoir un homme marié dans mon lit cette nuit là, un homme qui soit disant ne voulait jamais tromper sa femme, il ne voulait soit disant que me voir danser contre la barre, j’avais réussis à l’amener avec moi dans une salle privée pour lui faire un strip tease intégrale et rien de plus. Alors que je me mets sur le côté pour le regarder dormir je repense instantanément à l’homme qui partageait toute ma vie il y a deux ans… Ma bonne humeur disparait entièrement sans que je m’en rende compte. Soupirant je vais prendre une douche puis je m’habille, l’homme me sourit quand il me voit revenir me rhabiller, je cherche partout mon haut qu’il a jeté je ne sais ou dans la nuit. « Tu cherches quoi ma belle? » Je lui souris, un sourire que j’avais appris avec les années à faire, une manipulation que je faisais comme une reine. « Je cherche ce que tu cache mon chou. Rend moi mon haut que je puisse rentrer chez moi et que tu puisses retrouver ta femme. » Je monte sur le lit sur les genoux et lui donne un baiser tout en prenant mon t-shirt. Je l’enfile et après un tendre au revoir je m’enfuis. Voici ce qu’il se passe presque toutes les nuits. Enfin non. Celui-ci était un coup comme ça par pur plaisir mais d’habitude je ne prends que des riches et je les plumes rien qu’avec mon charme.
Sortant de l’hôtel je me balade dans les rues les cheveux mouillés qui flottent au vent. Je prends une cigarette tout de suite, inclinant la tête sur le côté je l’allume, j’inspirais et expirais la fumée puis je recommence à marcher, mes pensées dérapant tranquillement dans mes souvenirs et dans mon esprit aussi tordu soit t’il. Vous savez quoi ? Eh bien je suis morte deux fois dans ma vie. Deux fois sans que personne ne le sache réellement. J’ai perdu ma vie et mon innocence à l’âge de six ans quand j’ai retrouvée mes parents morts baignant dans leur sang. La petite Elisa à disparue ce jour là volant toute l’enfance que j’aurais dû avoir, il avait détruit ma vie entièrement, cet homme qui avait voulu m’enlevé en même temps. Cette ordure que je n’avais pas retrouvée avec les années et que j’avais décidé d’oublier pour ne plus souffrir. Voilà la première mort que j’avais ressenti, une part de votre âme, de votre cœur s’en vont pour ne plus jamais revenir. Ma seconde mort c’est lorsque j’ai eu quatorze ans et que ma véritable innocence, ma première fois comme on dit à disparue. Première fois que j’avais donné à mon beau père pour qu’il me foute la paix, pour avoir une preuve et le faire chanter pendant des années, oh oui ça m’a détruite, oh oui ça m’a fait mal, oh oui je ne m’en remettrais jamais mais j’avais su le garder au fond de moi, j’avais su mourir en silence. La seconde partie de moi est resté à New York bien caché avec mes amis d’autrefois, ceux que je ne reverrais plus jamais et j’en étais heureuse. La drogue avait prit le contrôle de ma vie et j’avais rencontré l’homme qui m’avait rendu bien plus froide et plus mauvaise qu’avant. Adieu la jeune Elisa, Bonjour celle qui détruit le reste du monde pour se protégé.
Ma cigarette à la main je me dirigeais tranquillement vers le quartier des affaires, un de mes amants y vivaient, un amant riche qui allaient me payer ma dose de cocaïne ainsi que ce dont j’avais besoin. Oh ce n’était pas de la prostitution mais bien de la manipulation. Une fois qu’ils avaient eu ce qu’il voulait, c'est-à-dire mon corps, je leur piquais de l’argent sans plus jamais recouché avec eux. Leur faisant simplement croire que j’étais amoureuse d’eux. Le pire là dedans ? Ça marchait. Pendant ma marche je ne fais pas attention ou je marche, je suis toujours dans mes pensées et quelqu’un me fonce dessus sans que je m’en rende compte. Ma cigarette dégringola de mes lèvres pour s’aplatir sur le sol. « C’est pas vrai ça ! Vous ne pouvez pas faire gaffe ou vous marchez ! » Pas d’insultes pour une fois je soupire longuement et relève la tête vers la personne qui m’a poussé, une jeune femme blonde… une jeune femme que je connaissais parfaitement bien. Mon visage se décomposa à la vue de la jeune femme. « Oh merde… Su… Summer ? » Non ce n’était pas elle ! Ça ne pouvait pas être elle. J’avais refait ma vie ici, deux ans que je travaillais à Chicago aujourd’hui et je n’avais vraiment pas besoin de revoir une femme qui me connaissait bien avant la drogue. J’avais enterré mon passé de jeune femme et je ne voulais pas le voir réapparaître malgré cela j’étais bien obligé de le voir me foncer dessus à toute allure. Summer était ma voisine à New York quand j’habitais chez ma tante Daniella. Elle avait une vie pourrie tout comme la mienne, nous étions amies sans que ni l’une ni l’autre ne savaient ce qu’ils se passaient chez nous. Summer pouvait me voir venir chez elle de temps à autre un cocard sur mon joli visage de petite fille mais rien de plus. Quand j’ai eu quatorze ans le soir ou j’ai couché avec mon beau père je suis arrivée chez elle en larme, ne pouvant me calmer, j’étais malade, j’ai dormis dans son appartement avant de lui dire le lendemain matin que je partais. Je ne lui avais donné aucune explication, je l’avais serré dans mes bras et je lui avais dis adieu. Je l’avais revue une fois un an plus tard, j’étais sous cocaïne, j’étais avec mon dealer, je sortais à l’époque avec lui nous étions donc en train de nous embrasser et quand elle m’avait appelé j’avais fait semblant de ne pas la voir. Non pas que je la détestais au contraire mais j’avais peur qu’elle me voit ainsi. Droguée notoire à l’âge de quinze ans n’était pas vraiment ce que je voulais qu’une amie apprenne. Dix ans que nous ne nous étions pas vue mais elle n’avait pas vraiment changé. Un peu plus fatiguée qu’avant, plus malheureuse et surtout plus droguée.
Sujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer Sam 25 Juin 2011 - 11:07
Elisa R. Daniels & Summer K. Jones
A peine avais-je posé le pied par terre que je devinais que cette journée ne serait pas bonne, d’une manière ou d’une autre. C’était très certainement mon instinct qui me faisait penser cela. Si je le pouvais, je resterais allongée et je n’irais pas au travail mais je n’avais pas réellement le choix. Sans cela, plus de drogues et c’était inconcevable. Je me levais donc, tâchant d’ignorer ma tête qui se mit violemment à tourner une fois que je fus totalement redressée et je pris immédiatement la direction de la salle de bain. J’y accèdai avec beaucoup de difficultés, devant poser ma main sur l’un des murs pour ne pas m’écrouler. Je n’étais vraiment pas au meilleur de ma forme et j’espérai de tout cœur qu’une bonne douche me permettrait d’aller mieux et de passer cette journée comme toutes les autres s’étaient écoulées. Ma douche dura une bonne dizaine de minutes. Quand j’en ressortis, je me sentais déjà un peu mieux, même si je n’étais pas au meilleur de ma forme, et j’avais le pressentiment que cela n’allait aller qu’en s’aggravant. Pourtant, je ne devais pas être faible et au contraire, résister, faire comme si tout allait bien. Connaissant mon patron, il me ferait faire demi-tour s’il voyait dans quel état j’étais aujourd’hui … J’avalai un grand verre d’eau et enfila une veste en cuir par-dessus mon tee-shirt blanc, accompagné par un jean et des talons noirs. Je pris mon sac et sortis de l’appartement. Une fois dehors, un coup d’œil à mon portable suffit à me faire presser le pas. Il n’était que huit heures mais c’était l’heure à laquelle j’étais censée être au travail. Heureusement, le bar se trouvait juste à côté de mon appartement, une vraie chance. J’y arrivai en cinq minutes en marchant vite, et pas très droit d’ailleurs, et j’entrai directement par l’entrée réservée au personnel. A cette heure là, le bar n’était pas encore ouvert. Il ne le serait d’ailleurs qu’en fin d’après-midi. Je n’avais, à présent, plus qu’à espérer que je serais seule dans le bâtiment… Histoire de me remettre d’aplomb avant de devoir me confronter à mon patron qui, malheureusement pour moi, était très perspicace et savait déceler quand quelque chose n’allait pas chez ses employés.
Je fis un pas dans le bar et tombai aussitôt sur mon patron. Quelle chance ! Je pouvais presque deviner ce qu’il allait me dire dans la minute qui suivait. Je m’efforcai de garder un visage neutre, qui ne servit absolument à rien. Je ne savais pas ce qui m’avait trahit. Le fait que chacun de mes membres s’étaient mis à trembler ? Peut-être mon teint livide… Oui, ce devait être ça, je devais ressembler à un zombie. Quel que soit ce qui m’avait trahie dans mon grand état de faiblesse, mon patron s’en était rendu compte. Ses sourcils s’étaient froncés et il avait posé ses mains sur ses hanches. Signe qu’il était sur le point de s’énerver. Pitié, faites que ce soit pour une toute autre raison… je ne pouvais pas me permettre de perdre une journée de paye. Comment payerai-je ma drogue ce mois-ci si ma paye n’était pas complète ? Certaines personnes pouvaient peut-être se permettre de ne pas aller travailler dès qu’ils étaient enrhumés mais ce n’était pas mon cas... Pas réellement pour la bonne cause puisque cela concernait, encore et toujours, la drogue, mais c’était ma raison d’être alors il y avait de quoi vouloir travailler ! Je souris pour cacher mon malaise mais il faut croire qu’il était trop tard pour cela… « Summer ? Est-ce que je peux savoir ce que tu fous là ? Je t’ai déjà dis de ne pas avoir venir travailler si tu es malade ! » Dit mon patron d’une voix où perçait l’agacement. Sérieusement, est-ce que tout patron est prêt à dire ce genre de chose à ses employés ? Cela ne devrait pas être à lui de me dire ce genre de chose il devrait, au contraire, me forcer à rester. Mais il avait toujours été comme cela. C’était un type bien. Certes, je travaillais illégalement chez lui mais si l’on ignorait ce point, il étais plus que parfait. Généreux et toujours prêt à aider les autres. Oui mais là, il avait beau vouloir faire bien, il ne m’aidait pas le moins du monde, au contraire ! « Non, non, je me sens très bien, je peux aller travailler… » Dis-je d’une voix presque suppliante. Je faisais peut-être pitié à vouloir absolument travailler alors que d’autres feraient tout pour ne pas avoir à aller bosser, mais j’en avais besoin, c’était vital. « Te fous pas de moi ! Tu dégages de là et vite, je veux pas te voir avant demain à moins que tu ne sois encore malade ! Imagine si tu t’écroules sur la scène ce soir. Je ne veux pas perdre de clients. Et puis quoi encore ? Allez dégage ! » Rajouta-t-il, à moitié énervé et à moitié las de mon comportement. Merde, c’était loupé… Si lui était agacé par ma façon d’agir et mon obstination à vouloir travailler, moi, j’étais plus qu’amusée par sa façon d’être et ce, depuis toujours. Je n’avais plus le choix à présent… Je devais quitter le bar et passer la journée ailleurs qu’ici.
Dehors, le ciel s’était à présent totalement levé, et il faisait merveilleusement bon. Au moins, il ne faisait pas lourd contrairement à certains autres jours… Quoi que, vu le soleil, le temps ne tarderait très certainement pas à se réchauffer. Regardant autour de moi, je me faufilai dans une ruelle où personne ne se trouvait actuellement, j’avais vérifié dieu merci. Je sortis un sachet de poudre blanche dans mon sac et m’adossai au mur se trouvant derrière moi, ce serait bien plus simple ainsi. Je mis une traînée de poudre blanche sur ma main, créant un rail. Posant mon nez à l’extrémité de la ligne blanche, je pris fortement et rapidement ma respiration, tout en bougeant sur ma main, traçant ainsi la ligne. Très rapidement pour ne pas me faire arrêter au cas où des policiers passeraient dans le coin, je rangeai le sachet de cocaïne dans mon sac et je sortis rapidement de la ruelle. Moi qui pensais que la drogue m’aiderait à faire cesser ce foutu mal de crâne, ainsi que les tremblements et tout le reste, j’eus brusquement l’impression que tout s’était empiré encore, si c’était possible. Il fallait juste que le temps passe un peu et que la drogue ait le temps de pénétrer dans la totalité de mon organisme et tout irait mieux par la suite. J’en étais persuadée. Je marchais, sans vraiment regarder où j'allais. Peut-être aurais-je dû ...
Je ne tardai pas à le regretter quand je sentis le corps de quelqu'un me percuter. Quoi que, c'était très certainement moi qui venais de percuter cette personne, qui que ce soit... « C’est pas vrai ça ! Vous ne pouvez pas faire gaffe ou vous marchez ! » Dit une voix qui sonnait bizarrement familière à mes oreilles. Je relevai aussitôt les yeux, ne parvenant pas à me concentrer suffisamment pour réussir à faire le lien entre cette voix et cet étrange sentiment de familiarité qui m’avait gagnée. Quand je vis son visage, je la reconnus aussitôt. Merde… J’avais l’impression de retourner de très nombreuses années en arrière, quand tout allait mal dans ma vie. Je ne pouvais pas réellement dire que tout allait bien à présent mais c’était déjà beaucoup, et de loin, mieux. Les souvenirs apparaissaient en flash sous mes yeux, j’eus soudainement envie de me retourner et de vomir, histoire de tout oublier et de ne plus avoir à revivre tout ça. « Oh merde… Su… Summer ? » Reprit la voix de mon « amie » au bout de quelques instants. La situation avec Elisa était plus que compliquée. Elle était l’une des rares, voir même la seule, à me connaître de l’époque où je ne me droguais pas encore, et je l’avais connue, moi aussi, à l’époque où elle ne l’était pas encore, jusqu’à ce qu’elle plonge dedans, après avoir couché avec son beau-père. Je me rappelais parfaitement de cette soirée, et de la dernière fois où je l’avais vu, quelques temps après, quand elle était aux bras d’un dealer… et droguée. « Elisa ? Qu’est-ce que tu fais là ? lui répondis-je d’une voix peu intéressée, parce que je n’avais franchement pas besoin, dans ma vie, de voir quelqu’un qui me connaissait d’avant et je voulais la tenir à distance. A tous prix.
When she was just a girl, she expected the world, But it flew away from her reach, so she ran away in her sleep. And dreamed of para-para-paradise, para-para-paradise, para-para-paradise, every time she closed her eyes. When she was just a girl, she expected the world, but it flew away from her reach, and the bullets catch in her teeth. PARADISE - COLDPLAY.
Sujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer Dim 26 Juin 2011 - 11:48
→ Summer & Elisa « Se repentir du passé, s’ennuyer du présent, craindre l’avenir: telle est la vie. Seule la mort, à qui est confié le renouvellement sacré des choses, me promet la paix. »
Je pensais que les Etats Unis étaient assez grands pour m’évité ce genre de désagrément, après tout c’est vrai combien il y avait de chance pour que mon passé se lance à fond dans mon visage et m’éclate à la tête après dix ans loin l’une de l’autre ? Une chance sur un million à croire que je n’étais pas chanceuse du tout. J’avais jamais aimé le destin ni même le hasard. Bref peut importe maintenant j’étais devant elle, devant Summer, celle qui me ramené à mon passé, celle qui me renvoyait à la petite fille que je ne voulais plus revoir, la petite fille malheureuse, la petite fille pleurnicheuse, j’étais si dépité quand je vivais à New York, je transportais toute la misère du monde sans que personne ne s’en rende réellement compte. Personne ne pouvait comprendre ce que ma tante Daniella me faisait, après tout je n’avais aucune marque, aucun coup, elle était douce et gentille avec tout le monde, pourtant elle passait son temps à boire et à se droguer sous les yeux d’une gamine. Sans oubliée que lorsque j’ai grandis je devenais trop gênante j’étais trop jolie et je faisais de l’ombre à ce gravât sur patte qu’elle était devenue. Vous saviez qu’avec les années la drogue met un sacré coup dans la gueule ? Abime la peau et le corps. Heureusement je savais qu’avec mon train de vie je ne vivrais pas jusque là, je vais mourir soit d’une overdose soit tué par un de mes amants qui se rendra compte de ce que je fais ou encore mieux par les mains de l’homme de ma vie qui ne rêve que de voir ma tête tombé de mon corps. J’avais vingt cinq ans et je me fichais de vivre ou de mourir, je me fichais de me sentir impuissante face à cela et même si je n’avais aucune envie de mourir parce que je savais que j’avais encore de nombreuse chose à faire et surtout beaucoup de vie à détruire encore. Peut importe ce que j’avais à faire là n’était pas la question, là le problème c’était mon passé sous la forme d’une jeune femme blonde qui avait l’air tout aussi enchanté que moi de ce retour précipité dans les souvenirs. Oui, qui aurait cru que nous avions été amies toutes les deux. Quand je n’étais pas une garce, quand je ne prenais pas de drogue, quand ça vie était tout aussi pourrie que la mienne, quand elle n’avait pas l’air défoncée. Bizarrement et même si j’étais du genre je-m’en-foutiste la voir dans cet état me fait quand même l’effet d’une douche glacée sur ma tête, une claque dans la gueule que j’ai du mal à voir venir. Si y a bien une femme que je n’aurais pas imaginé une seule seconde prendre de la drogue c’est bien elle, Summer sous son visage angélique était de loin la personne la plus forte que j’avais connu à l’époque. Elle ne se plaignait jamais de sa vie – bien que moi non plus – mais pourtant je savais qu’elle souffrait autant que moi, je savais que chez elle ça n’était pas la joie et pourtant jamais au grand jamais je ne l’avais vue pleurer, je n’avais jamais aperçu une larme coulé de ses yeux, jamais je ne l’avais vue mal. J’imagine que pour en être arrivé là ou elle était elle avait du prendre d’autre coup dans la gueule. De quel genre ? Je n’en savais rien. Dix ans c’est long dans une vie, on ne s’en rend pas bien compte.
La dernière fois que je l’avais vue j’étais dans un état horrible et j’avouais que la revoir me rappel qu’à l’âge de quatorze ans j’avais filé ce qui me servait de virginité à un homme que je ne pouvais pas supporter à croire que déjà à l’époque j’avais aucun respect pour moi-même. C’est horrible je sais bien mais bon c’est ainsi parfois on doit faire des choses mal pour avoir un peu de bonheur dans une vie. Grâce à cela j’étais libre de vivre ou bon me semblais je ne voyais plus ma tante et surtout j’avais assez de fric pour aller me payer mes doses de bonheur en poudre. « Elisa ? Qu’est-ce que tu fais là ? » Ah oui en effet j’avais bien raison elle n’avait tout comme moi pas besoin du passé pour se souvenir de tous cela, ou peut être qu’elle voulait oublier qu’un jour elle avait eu une amie. Moi aussi je faisais cela. Moi aussi je voulais oubliée qu’un jour j’avais été humaine et que j’avais eu une amie qui était précieuse et qui dans son silence m’avait aidé à tenir le coup sans même s’en rendre compte. Je prends une cigarette, l’attrapant entre mes lèvres et l’allumant la laissant sans réponse pendant un petit moment avant que je me décide à ouvrir la bouche après ma première bouffée de nicotine. « Eh bien… quel accueil. » En faite je me fichais bien de l’accueil qu’elle m’offrait, je me fichais de tout aujourd’hui. J’étais devenue hautaine et mauvaise avec les années bien que ce ne soit pas réellement l’accueil que j’aurais voulu lui offrir. Des amies devraient se prendre dans leurs bras et non se jetait des regards indifférents mais nous en étions toutes les deux arrivés au point ou le mieux était d’être seules, pas d’attache, pas d’amour ni d’amitié voilà ce que nous voulions sans aucun doute. « Je ne pensais pas te revoir, surtout pas à Chicago. Mais bon cette ville est parfaite pour moi. » Bien sûr qu’elle était parfaite pour moi, il y avait tous ce que je cherchais, ici je pouvais fuir et ici je pouvais vivre avec de la drogue dans mes poches sans me faire arrêter, quoi de mieux ? En deux ans j’avais mis la moitié des flics dans ma poche. Vous saviez que même les flics étaient amateur de striptease ? Je n’étais pas au courant jusqu'à commencer cette pratique, j’avais même plusieurs d’entre eux dans mon carnet d’adresse personnelle au cas où j’étais dans la merde et que j’étais en prison. Tirant une nouvelle fois sur ma cigarette je me rends compte qu’en dix ans j’avais voyagée, passant de New York à l’Argentine puis à l’Espagne mais que j’étais revenue dans les mauvais quartiers exactement comme à New York à croire que ma vie devait être ici, dans les quartiers mal famée ou je pouvais vivre ma vie normalement, comme je l’entendais, à croire que je voulais que ma vie soit aussi pourrie que les quartiers dans lequel j’avais élu résidence. J’étais bizarre mais c’était ainsi. « Alors, qu’est ce que tu deviens ? » Oui je voulais qu’elle s’en aille, je voulais qu’elle s’enfuit, loin très loin, je ne l’aurais pas fait parce que je ne suis pas le genre de personne à fuir mais ce n’était pas l’envie qui m’en manquait loin de là. Peut être que si je lui pose des questions personnelles elle m’enverra sur les roses et partira… Peut être oui.
Sujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer Lun 27 Juin 2011 - 12:38
Elisa R. Daniels & Summer K. Jones
Le pourcentage de chance que j’avais de tomber sur quelqu’un appartenant à mon passé devait n’être qu’un très petit nombre. Les Etats-Unis n’étaient-ils pas si facilement grand pour que je ne tombe sur personne me connaissant d’avant ? Apparemment, la chance n’était pas avec moi aujourd’hui, comme elle ne l’avait jamais réellement été. J’étais tombée sur Elisa, dans la grande ville qu’était Chicago, ville dans laquelle je vivais depuis déjà très longtemps. C’était comme un coup de poing que l’on m’aurait mis dans le ventre, un choc absolument immense. Je ne m’étais pas attendue à la revoir un jour, je ne m’étais préparée à cette éventualité. J’aurais peut-être dû, histoire de ne pas tomber sur les fesses comme c’était le cas maintenant. Je n’en revenais pas et je devais avoir l’air complètement conne à la regarder comme si elle avait quelque chose entre les dents. J’avais pourtant de quoi être totalement abasourdie… La dernière fois que nous nous étions vues, elle n’avait pas daigné venir me parler, elle était bien trop occupée avec le dealer auquel elle était accrochée et surtout, elle était complètement droguée. J’étais restée debout, sans bouger, les mains dans mes poches, et je l’avais regardée s’éloigner. Inconsciemment, je m’étais doutée que c’était la dernière fois que je la voyais. Depuis ce soir-là où elle était venue me voir, m’annonçant qu’elle avait donnée sa virginité à son beau-père, je m’étais doutée que nos chemins se séparaient. Ce soir là, je l’avais soutenue du mieux que j’avais pu et le lendemain, elle était partie. Après cette brève apparition qu’elle avait faite avec son dealer, elle avait totalement disparu et je ne l’avais plus revue. Avant aujourd’hui. La voir face à moi était un réel choc. J’avais l’impression de me retrouver de très nombreuses années en arrière, à l’époque où j’étais suffisamment forte pour vivre sans drogue. A l’époque où mon frère ne s’était pas encore fait tuer sous mes yeux. C’en était presque douloureux. Je revivais toutes ces épreuves qui avaient fait leur apparition dans ma vie depuis la dernière fois que j’avais vu Elisa. Oui, c’était douloureux. Avais-je le droit de tourner les talons et de m’éloigner d’elle le plus rapidement possible ? Oh, je le pourrais sans soucis… Elle l’avait elle-même fait, après tout. Mais je n’en avais pas envie. J’avais beau ne pas aimer revivre mon passé, ne pas aimer ce brusque retour en arrière, je ne pouvais m’empêcher d’être intriguée par sa présence ici. Quoi que, elle était droguée elle aussi, Chicago était la ville idéale pour tous les drogués. Mais je ne m’étais pas attendue à la voir ici et je me posais pas mal de questions. Comment mon cerveau, alors que je venais tout juste de faire entrer dans la cocaïne dans mon organisme, parvenait-il encore à aligner des mots pour créer des phrases ? Je n’en avais pas la moindre idée. « Eh bien… quel accueil. » S’était-elle attendue à ce que je lui saute dans les bras ? C’était peut-être ce que nous aurions fait, il y a bien longtemps, mais aujourd’hui, tout était totalement différent. Déjà parce qu’Elisa était partie sans même me prévenir et ensuite, parce que j’étais devenue quelqu’un ne voulant m’attacher à personne, je me tenais à distance de tout le monde, et je n’allais pas faire d’exception avec Elisa, même si elle restait la personne qui avait été mon soutien pendant très longtemps. Nos chemins avaient été différents, nous avions chacune notre vie, chacune nos problèmes, et je n’avais aucune envie de renouer avec le passé. Je ne pris pas la peine de lui répondre, me contentant d’afficher un léger sourire. Oui, je devais la faire partir, à tout prix. Je préférais largement que ce soit elle qui parte, plutôt que moi. Et j’arriverais à la faire fuir, d’une manière ou d’une autre.
Elle se droguait toujours. En tant que junkie, je pouvais facilement me rendre compte de cela. Et elle paraissait avoir changé… Elle n’était plus la Elisa que j’avais connue. Bah, en même temps, je n’étais pas non plus la Summer qu’elle avait connue. Mais là, elle paraissait hautaine, froide, et distante. Une Elisa totalement différente de celle que j’avais eu l’occasion de connaître. Je n’avais jamais compris ce qui l’avait fait plonger dans la drogue. Etait-ce à cause de ce qu’elle avait fait avec son beau-père ? Ou quelque chose d’autre était-il arrivé entre temps ? Je n’en avais pas la moindre idée, et je ne le saurais jamais. Parce qu’Elisa ne semblait pas vouloir se confier, et je n’allais très certainement pas lui poser la question. Si je voulais la faire fuir, ce n’était pas en l’énervant que j’allais y parvenir. Nous n’étions plus des amies, du moins je tentais de me persuader de cela, et je ne devais pas avoir envie de me renseigner sur tout ça. Je garderais donc mes questions pour moi. « Je ne pensais pas te revoir, surtout pas à Chicago. Mais bon cette ville est parfaite pour moi. » Ah, ça c’était certain… Aucune de nous deux ne s’était attendue à revoir l’autre ici. Moi j’aurais peut-être pu m’y préparer, je savais qu’Elisa se droguait, j’aurais dû me douter que Chicago était la ville parfaite, pour elle aussi. Mais j’avais fais en sorte de ne plus penser au passé, de ne plus penser, donc, à Elisa, et à tout ce qui l’entourait. Je ne voulais et ne pouvais plus y penser si je souhaitais devenir quelqu’un d’autre. Et j’y étais parvenue. J’étais devenue une personne totalement différente. Dans le temps, j’étais quelqu’un de fort, quelqu’un qui ne baissait jamais les bras, qui ne montrait jamais ses émotions et qui encaissait tout. Mais petit à petit, les épreuves avaient causées ma perte, m’enfonçant chaque fois un peu plus dans la merde. J’avais fini par sombrer, par tomber dans la drogue, comme l’avait fait Elisa avant moi. « Je ne m’étais pas attendue à te revoir ici, moi non plus. » Je voulais lui faire comprendre qu’être ici ne m’intéressait pas, que je préférerais être ailleurs, n’importe où plutôt qu’ici. Ce n’était pas de la méchanceté pure, juste une façon de la faire fuir. De la faire fuir parce que je ne voulais pas le faire moi-même. De toute façon, ce n’était pas très dur à faire pour moi, j’avais toujours été du genre à me ficher totalement de ce qui se passait autour de moi. Ici, ce n’était pas réellement la même chose, je tenais réellement à Elisa, celle qui avait été mon soutien pendant tant d’années, mais également celle qui était partie sans même me prévenir. Pour une fois, je devais faire semblant. En réalité, j’aimerais vraiment savoir ce que faisait Elisa ici, pourquoi, depuis quand, bref, j’aurais aimé lui poser un nombre incalculable de questions, mais je les gardais pour moi. Parce que je ne voulais surtout pas m’attacher à qui que ce soit. Que ce soit Elisa ou quelqu’un d’autre, peu importait. « Alors, qu’est ce que tu deviens ? » Se posait-elle réellement la question ou essayait-elle juste de me faire fuir comme je le faisais avec elle ? Sincèrement, j’opterai plus pour la deuxième réponse. Elle avait déjà tenté de me fuir dans le passé, pourquoi ne recommencerait-elle pas ? Et puis je parvenais à la comprendre sans même connaître la Elisa d’aujourd’hui. Elle me ressemblait finalement beaucoup. Même si elle paraissait hautaine, ce que j’étais loin d’être. Mais nous avions beaucoup de points en commun. La preuve, nous essayions toutes les deux de faire fuir l’autre. Je la regardai dans les yeux, croisant les bras sur ma poitrine, avant de lui répondre d’un ton distant, comme si j’étais mentalement absente, comme si je pensais à autre chose alors que mes pensées étaient totalement focalisées sur l’instant présent, et sur ces retrouvailles inattendues. « Ce que tu as sur les yeux. Et toi ? Qu’est-ce que tu deviens ? »
When she was just a girl, she expected the world, But it flew away from her reach, so she ran away in her sleep. And dreamed of para-para-paradise, para-para-paradise, para-para-paradise, every time she closed her eyes. When she was just a girl, she expected the world, but it flew away from her reach, and the bullets catch in her teeth. PARADISE - COLDPLAY.
La surprise passé, je ne savais comment réagir face à Summer. J’étais partagé en deux, la première part était l’ancienne Elisa, celle qui riait encore, celle qui n’utilisait pas la manipulation, celle qui ne séduisait pas tel un serpent fonçant sur sa proie, celle qui ne touchait pas à la cocaïne aussi pure et aussi bonne soit elle, la Elisa encore bien trop faible pour se battre contre un monde qu’elle croyait beau. La seconde partie était la nouvelle Elisa, celle qui ne voulait plus de son passé, celle qui se défoncée du matin au soir, celle qui avait abandonné son bébé et sa part d’humanité en même temps. Je ne savais laquelle des deux écoutés, la première qui me murmurait de prendre Summer dans mes bras en lui demandant gentiment pardon pour ce que j’avais fait par le passé ou l’autre partie qui elle me hurlait de dégagé rapidement et de ne plus jamais revoir cette fille. Je ne savais pas laquelle écouter, j’étais trop partagé et j’aurais peut être dû fuir à ce moment là. Au moment ou le passé et le présent fusionnent, en faite j’aurais du partir en faisant comme si je n’avais pas reconnu Summer, comme si notre passé en commun n’avait pas existé. Est-ce que j’en étais réellement capable ? Bien sûr oui. J’étais assez mauvaise pour faire cela aujourd’hui mais ça voudrait dire que le bon côté de ma personnalité était totalement mort et je crois que je n’étais pas encore capable de l’accepter. A croire que je n’étais pas la plus méchante. A dire vrai je me sentais plutôt mal de la façon dont j’avais tourné les talons il y a de cela dix ans. Les remords mettent bien plus de temps à venir au visage d’un droguée, la drogue prend toutes les choses qui paraissent pas importante et ils restent enfouit au fond de l’âme de la personne droguée. Cette poudre blanche, cette poudre qui donne du rêve est magnifique mais malheureusement elle n’a pas encore le pouvoir d’enlever tous les sentiments ni de vous faire oublier tous vos drames et vos soucis dans votre vie. Rien n’y personne ne peut enlever les mauvaises choses du passé, je l’ai appris une fois que j’étais trop accro à cette merde pour reculer. Je ne regrette pas ma prise de coke, j’en avais réellement besoin et si je ne l’avais pas fait je me serais sans hésité tuée mais j’ai connu quelqu’un qui m’a donner la force de ne pas sombrer. Ce quelqu’un c’est celui qui m’a fait découvrir la drogue, un homme très gentil, un homme formidable même, qui aurait cru que je le rencontrerais dans les rues de New York près de là ou je vivais, à croire que j’avais toujours vécu dans un conte de fée parce que je n’avais jamais aperçu aucun dealer avant ce jour là. J’étais peut être un peu trop naïve, je savais que Daniella se droguait mais je ne savais pas que les doses elle les prenait à l’homme juste en face de chez nous. Homme qui paraissait tellement normal, un homme marié avec un enfant en bas âge, homme qui présentait bien mais qui se tapait ma tante lorsqu’elle ne pouvait pas se payer ses doses. Tous ça je ne l’ai su que bien plus tard quand l’homme m’a attrapé dans la rue pour savoir si je voulais payer mes doses comme le faisait Daniella. Il c’est reçu un joli coup de genoux dans une partie très fragile de son anatomie et je ne le regrette pas. Connard. Et il y en a partout de ce genre d’homme.
Là n’est pas vraiment la question, je ne devrais même pas penser à cela. Le plus important dans la seconde c’est de faire partir Summer, loin, plus loin que moi et malheureusement je savais que je n’y arriverais pas. Pourtant la jeune femme blonde était tout aussi embêter de me voir au vue du ton et du regard qu’elle me lance, moi aussi je la renvoie à un passé qu’elle tente d’oublier, un passé de jeune femme sobre, sans aucune drogue, sans aucune merde dans le nez et dans le sang, là ou la vie était différente. « Je ne m’étais pas attendue à te revoir ici, moi non plus. » Ah oui ça c’est évident qu’elle ne s’attendait pas à me voir ici, je vivais depuis des années à New York, je venais de Buenos Aires, j’avais parcourus le monde pour revenir ici, pour revenir dans une ville non connu de ma part pour ne pas voir le passé, ne pas connaître des gens qui m’avait vue plus ou moins dans ma bonne période. Pourtant ce foutu destin en avait voulu autrement. Summer avait déménagé de New York pour Chicago. Pourquoi cette ville ? Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant. Deux ans que je vivais ici et je l’a voyais seulement maintenant… J’aurais survécue encore quelques années sans la voir. Soupirant je tire sur ma cigarette, silencieuse, du moins encore quelques seconde. « Chicago. Je ne savais pas que tu étais attirée par cette ville. » Je ne l’étais pas non plus je ne vois pas pourquoi je lui disais cela. Est-ce que je cherchais réellement à trouver un sujet de conversation avec Summer ? Je me surprenais à être gentille ou du moins j’essayais de l’être, c’est normal dirons nous, nous avions vécue presque toute notre enfance ensemble, ce n’est pas comme si elle était une étrangère, pourtant j’avais fait comme si, il y a longtemps. Pour la protégé, pour me protégé aussi. « Ce que tu as sur les yeux. Et toi ? Qu’est-ce que tu deviens ? » Ah quelle question hilarante. Qu’est ce que je devenais. Très bonne question ma belle Summer. Eh bien je suis devenue une espèce de garce, accro au sexe, à la drogue, à l’argent, je brise des vies, je brise des familles. Et toi tu as mieux que ça ? Tu as des enfants ? Un mari ? Non tu es aussi seule que moi. Tu ne veux pas t’attacher c’est normal, ça se comprend. « Toujours la même qu’il y a dix ans. » A quelques détails près bien évidement. Quand je pense qu’il y a onze petites années je pensais encore à vivre avec un mari et des enfants, je pensais vivre normalement, comme tout le monde, on peut vraiment faire des choses étranges dans une vie, comme quoi tous bascule parfois.
De nouveau silencieuse, je m’appuie contre le mur juste à côté de nous, je regarde la route, les gens qui roulent près de nous mais qui ne nous voient même pas. Les habitants de cette délicieuse ville ont tellement l’habitude de voir des droguées et des trafics qu’ils n’y font même plus attention. Je tourne la tête vers Summer avant de soupirer une seconde fois. « Écoute Summer je… ça fait dix ans maintenant mais je crois que c’est nécessaire pour moi. Je voulais m’excuser pour mon comportement cette soirée là dans la ruelle. J’avais plongé dans la drogue et je ne voulais pas que tu me vois ainsi. Je l’ai regretté mais je pensais que c’était mieux que tu ne sache rien et que tu crois que je me fichais de toi. » Bien entendu je savais qu’elle se ficherait de ses excuses mais j’avais besoin de les présentés pour une fois que je faisais quelque chose de bien ce n’est pas trop cher payer que quelques mots dits par une bouche sincère. « Je sais qu’aujourd’hui tu t’en fou un peu mais bon je tenais à ce que tu le sache voilà. » J’étais totalement ridicule, je le savais, je le sentais mais bon parfois il faut faire quelques efforts pour ne pas couler au plus profond de la noirceur et du néant.
Sujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer Ven 1 Juil 2011 - 18:03
Elisa R. Daniels & Summer K. Jones
Je serais parfaitement incapable de dire le nombre d’années précis qui s’étaient écoulées depuis la dernière fois que j’avais vu Elisa, aux bras d’un dealer. Cela remontait à tellement longtemps… Notre rencontre, notre relation d’amitié appartenaient au passé. Je ne pourrais pas non plus dire si je serais celle que j’étais aujourd’hui si j’avais eu le soutien d’une amie à l’époque où tout allait mal dans ma vie. Une amie comme Elisa par exemple. Bien sûr que j’avais eu mal en la voyant partir, bien sûr que j’aurais aimé qu’elle reste à mes côtés, et qu’elle arrête de prendre de la drogue. Mais l’on n’obtenait pas toujours ce que l’on voulait. Et en la voyant m’ignorer alors qu’elle se baladait avec son dealer… je ne pouvais m’empêcher de deviner qu’elle ne voulait absolument pas que je vienne la voir, alors pourquoi le ferais-je ? Elle habitait la maison en face de la mienne, j’aurais largement pu aller lui rendre visite, mais je n’en voyais pas l’utilité. Elle ne voulait pas me voir, je ne le ferais donc pas. Si elle avait besoin de moi, elle savait parfaitement où j’habitais… Et quelques jours après cette apparition dans la rue, elle était partie, tout simplement. Et j’avais appris à vivre totalement seule. Trouver une autre amie ? Je n’en voyais pas l’intérêt. Et pourtant, même avec Elisa, je ne m’étais jamais confiée, et elle en avait fait de même. Nous avions beau toutes les deux savoir que l’autre n’avait pas une vie des plus paisibles, nous ne nous étions jamais posées de questions, nous nous étions contentées de nous soutenir en étant présente pour l’autre. Bien sûr, si l’une de nous avait voulu se confier à l’autre, cela se serait facilement fait. Mais c’était comme si nous n’en avions pas le besoin, ni même la force. Se confier n’est jamais des plus simples, après tout… Nous en étions les preuves vivantes. A plusieurs reprises, j’avais vu des cicatrices sur le corps d’Elisa, et j’avais très vite compris que cela n’allait réellement pas chez elle, mais je ne lui avais posé aucune question. Si elle en avait ressenti le besoin, elle m’en aurait parlé… et je ne voulais pas forcer les choses. Les confidences ne faisaient pas parties de notre amitié mais nous pouvions compter l’une sur l’autre, comme nous l’avions prouvé le soir où elle était venue me voir, après avoir couché avec l’amant de sa tante. Pourtant … elle était partie le lendemain et je ne l’avais revue qu’une seule fois, de loin. Je n’avais jamais cherché à avoir des explications, et, de toute façon, elle n’avait pas tardé à quitter la ville. Qu’aurais-je pu faire ? Strictement rien … et quelques mois plus tard, mon frère faisait sa réapparition dans ma vie. Je ne pourrais pas non plus dire que j’avais oublié Elisa, mais elle était partie, je refaisais donc ma vie de mon côté, comme elle le faisait du sien. « Chicago. Je ne savais pas que tu étais attirée par cette ville. » Reprit-elle une fois que j’eus donnée ma réponse, à mon tour. Je comprenais parfaitement ce qu’elle voulait dire… Qui aurait cru qu’en quittant un quartier plus que pourri tel que le Bronx, je viendrais vivre ici, à Chicago, dans une ville toute aussi pourrie ? Personne n’aurait pu s’en douter, bien évidemment… Et surtout quand l’on ne savait pas que je me droguais. La drogue était le point le plus influent dans ma vie, c’était ce qui m’avait influencée à trouver une ville où je pourrais acheter mes doses sans aucun souci. Au départ, je ne m’étais pas doutée que Chicago était ainsi, bien que je m’en étais un peu doutée, sinon, ce n’était très certainement pas ici que mon choix se serait posé. Mais j’avais très vite compris que c’était la ville idéale pour moi. Alors rester était la meilleure solution qui se proposait à moi. « Je ne l’étais pas spécialement. Mais c’est un coin tranquille. » lui répondis-je avec un sourire ironique aux lèvres. Elle devait forcément deviner que j’étais ironique, en tenant de tels propos. Qui pourrait penser une seule seconde que Chicago était une ville tranquille ? Personne, je l’espérais… Ce serait parfaitement stupide de penser de telles idioties. Mais Elisa devait avoir parfaitement ce que je sous-entendais dans ma phrase… En l’occurrence, que c’était un coin tranquille, justement, grâce à l’absence de flics.
En dix ans … les changements étaient plus que nombreux. Dans ma vie, dans ma personnalité, et chez elle aussi, apparemment. Elle était déjà mature à l’époque mais j’avais l’impression qu’elle l’était davantage encore. Et surtout, son caractère semblait être totalement différent. Plus hautaine, plus froide, plus distante… un très grand nombre de points encore s’imposaient à moi tandis que je la détaillais discrètement. J’avais beau ne pas connaître la Elisa d’aujourd’hui, je ne pouvais m’empêcher de tenter de la cerner. Elle était totalement différente de celle que j’avais connue, de celle dont j’avais encore quelques souvenirs. Dix ans après, je la revoyais et totalement différente… En dix ans, il avait pu s’en passer des choses dans sa vie mais je ne lui poserais pas la question. La retrouver était loin d’être la meilleure chose qui pouvait arriver dans ma vie. Pour la simple et bonne raison qu’elle appartenait à mon passé et que cela faisait bien des années que je m’efforçais d’oublier le passé, de ne plus y penser une seule seconde et de ne faire que ce à quoi j’aspirais : prendre de la drogue et travailler pour pouvoir l’acheter. « Toujours la même qu’il y a dix ans. » Malgré moi, mes sourcils s’élevèrent tandis que je la détaillais toujours. Si elle était la même qu’il y a dix ans ? A cette époque, je ne savais que peu de choses sur elle, puisque nous gardions la quasi-totalité de nos vies pour nous, mais je savais à peu près ce qu’elle était, en tant que personne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a dix ans, elle était totalement différente de la nouvelle Elisa. A l’époque, elle était plus douce, plus gentille, plus souriante, et de très nombreux autres points encore… Elle avait totalement changé et elle avait beau essayé de me faire croire qu’elle était toujours la même, je n’y croyais pas une seule seconde. Comment le pourrais-je ? Elle avait été mon amie, dix ans en arrière, alors je la connaissais un minimum… Et je savais pertinemment que la Elisa d’aujourd’hui n’avait plus rien à voir avec la Elisa d’il y a dix ans. « Exactement la même ? » répondis-je tout en gardant mon ton ironique. J’allais très certainement paraître méchante mais mon seul but était de la faire fuir. Voir mon passé surgir n’avait rien de plaisant et je ne voulais surtout pas apprendre à connaître cette brunette telle qu’elle l’était aujourd’hui. M’attacher aux gens, j’avais oublié ce que cela voulait dire depuis bien longtemps et surtout, je ne voulais pas que cela arrive de nouveau.
A son image, je m’adosse au mur se trouvant à côté de moi et je regarde devant moi, les bras croisés sur ma poitrine. Aucune de nous deux ne semble vouloir partir et je n’étais pas certaine que ce soit une bonne chose. Et si nous en venions à parler du passé ? Non, je ne le voulais surtout pas… Ce serait une bien mauvaise idée. « Écoute Summer je… ça fait dix ans maintenant mais je crois que c’est nécessaire pour moi. Je voulais m’excuser pour mon comportement cette soirée là dans la ruelle. J’avais plongé dans la drogue et je ne voulais pas que tu me vois ainsi. Je l’ai regretté mais je pensais que c’était mieux que tu ne sache rien et que tu crois que je me fichais de toi. » Ma tête se tourna presque automatiquement dans sa direction, ne parvenant presque pas à croire que c’était bel et bien elle qui venait de parler. Pourtant, j’avais bel et bien vu ses lèvres bouger sur la fin de ses phrases. Venait-elle réellement de me faire des excuses ? La Elisa d’il y a dix ans aurait parfaitement été capable d’en faire… mais celle d’aujourd’hui, j’avais beaucoup de mal à le croire. Elle n’avait pourtant pas l’air d’être le genre de personnes à s’excuser, et c’était exactement ce qu’elle venait de faire. Ma bouche s’ouvrit, alors que je m’apprêtais à lui répondre, mais elle se referma presque immédiatement, parce que j’étais trop abasourdie pour parler. Pour l’instant, en tout cas… « Je sais qu’aujourd’hui tu t’en fou un peu mais bon je tenais à ce que tu le sache voilà. » Si je m’en foutais ? Je n’aurais pas vraiment dit cela comme ça, je n’aurais même pas dit cela du tout. Après tout, Elisa avait été l’une de mes plus proches amies, si ce n’est la seule, en réalité. C’était grâce à elle, si j’avais tenu à l’époque, pas grâce à ma famille qui n’était pas réellement présente pour moi. Je lui devais beaucoup en réalité, à Elisa et même si je savais que ce n’était pas une bonne idée, je ne lui en voulais pas d’être partie. Elle était déjà totalement pardonnée. Mais ça, je le garderais pour moi, bien sûr. Et je ne m’en foutais pas non plus. Elisa comptait réellement pour moi, aujourd’hui encore même si je ne le montrais pas le moins du monde. Des excuses, je ne pouvais que les accepter. Ma tête se tourna de nouveau face à moi, délaissant Elisa, et je sortis une cigarette d’un paquet se trouvant dans ma poche. J’avais réellement besoin de tabac, dès maintenant ! J’allumai ma cigarette, prenant la peine d’inspirer avant de remettre ma main le long de mon corps, ma cigarette maintenue entre deux de mes doigts. Je soufflai, laissant partir la fumée que j’avais prise, quelques instants plus tôt. « Au départ, je me suis beaucoup demandée pourquoi tu étais partie mais je m’en suis remise, ne t’en fais pas pour moi. » Pur mensonge… mais ça, elle n’était pas forcée de le savoir. Je remis ma cigarette entre mes lèvres, aspirant de nouveau de la fumée avant de la recracher, la regardant s’envoler.
When she was just a girl, she expected the world, But it flew away from her reach, so she ran away in her sleep. And dreamed of para-para-paradise, para-para-paradise, para-para-paradise, every time she closed her eyes. When she was just a girl, she expected the world, but it flew away from her reach, and the bullets catch in her teeth. PARADISE - COLDPLAY.
Dernière édition par Summer K. Jones le Sam 9 Juil 2011 - 12:48, édité 1 fois
« Je ne l’étais pas spécialement. Mais c’est un coin tranquille. » Chicago un coin tranquille ? Bien sûr oui si tu veux être espionnée, être agressée, violée ou tuée c’est un coin tranquille, si tu es suicidaire ou simplement droguée comme nous c’est bien ici qu’il faut être. Au fond que ce soit Chicago ou non il y a et il y aura toujours des meurtres et des choses horribles, que ce soit aux Etats Unis ou en France ou même en Argentine, la preuve c’est bien à Buenos Aires que ma famille a été assassiné et que j’ai bien faillit y passé moi aussi, c’est bien dans cette ville qui me paraissait si tranquille que j’ai tout perdu, que je suis morte en même temps qu’eux et que finalement je me dis que j’aurais peut être dû mourir au fond. Si mes parents me voyaient de là ou ils sont ils auraient tellement honte de leur fille, tellement honte de voir qu’après leurs sacrifices à tous les deux j’étais tombée violemment dans la drogue et dans la perversité avec les années. Je me dis que si ma mère avait su que sa sœur était si mauvaise elle ne m’aurait jamais envoyée là bas, jamais sur son testament le nom de Daniella aurait apparue, mais elle ne savait pas, elle s’était fourvoyée pendant des années et j’avais donc était admise dans la ville de New York. Le Bronx plus précisément. Ah j’ai des bons souvenirs diront nous là bas, je me souviens que je m’amusais avec quelques copains du quartier c’est d’ailleurs ainsi que j’ai rencontré Summer. Mon amie. Ma meilleure amie. Qui aurait cru que nous allions nous revoir des années plus tard. Qui aurait cru que je serais partie sans rien lui dire. Et bien sûr qui aurait cru que je pouvais tomber aussi bas, encore plus bas que ce que je pensais être possible. Oh je ne me plains pas il y a longtemps que j’ai atterrit sur le bitume et que je n’arrive plus à me relever, il y a longtemps que l’on me noie dans mes propres emmerde aujourd’hui grâce à la drogue je rassemble un petit peu ma vie et je survis dans un monde peuplé de requin et de mauvaise personne. Et vous savez quoi ? Alors qu’avant j’étais un petit ange doux et gentil aujourd’hui je suis devenu un dangereux requin qu’il ne faut pas trop approcher de peur de perdre un bras ou bien une jambe. Ce n’est pas si difficile de me comprendre, je suis moins complexe avant bien que plus manipulatrice. Avant j’étais jeune, bien trop jeune, je me laissais faire, je ne disais rien, silencieuse, toujours silencieuse, je cachais ma véritable identité, je cachais ma rage, ma haine, j’en avais peur, je ne savais pas vivre avec, aujourd’hui et grâce à mon ancien compagnon, grâce à la drogue, grâce à toute ma chienne de vie je sais que ma rage je peux la canaliser mais aussi m’en servir pour détruire ceux qui me veulent du mal. Il y en a encore qui me veulent du mal il ne faut pas croire. Je suis quelqu’un de plutôt sensible mais qui ne montre rien, facile de me blesser difficile de le voir et de me voir péter les plombs. Bref quoi qu’il en soit revenons à cette magnifique ville qu’était Chicago. Ville de droguée et tous les vices. Villes ou flics et dealers se serrent la main. « C’est vrai qu’avec toutes les villes que j’ai Chicago reste le coin le plus tranquille que j’ai jamais vue. » En faite ce n’est pas vrai, le coin le plus « tranquille » pour moi c’était Tarragone, ville d’Espagne, ou j’ai vécue quelques temps. Mais aujourd’hui l’Espagne c’était dangereux pour moi alors les Etats Unis étaient censé me sauvé malheureusement j’attends patiemment le retour de mon prince charmant qui me découpera la tête quand il me retrouvera là.
« Exactement la même ? » Est-ce que j’étais vraiment la même ? Pas du tout même. La drogue avait forgé mon caractère et justement je ne voulais pas être la gentille et fragile petite Elisa qui se prenait quelques coups dans la gueule par sa tante, par ses beaux pères, non c’était finit cette Elisa là, bien sûr j’avais pris quelques coups venant de mon ancien compagnon, bien sûr j’avais vue de nouveau mon sang coulé sur mon si joli visage mais je ne restais plus de marbre, je n’étais plus figé en attendant le prochain coup qui viendrait s’abattre pas longtemps après celui-ci. J’avais vue de la haine plus d’une fois dans les yeux d’hommes et de femmes mais celle de Daniella était bien pire que tout. Aussi j’avais réussis à me forger une carapace si grosse que plus personne ne pourrait réellement me reconnaitre, plus personne du passé tout du moins. Je me forgeais de plus en plus une autre vie et après quelques mois déjà je changeais littéralement de vie et de caractère, plus forte, plus dure, plus difficile, plus ingérable, j’étais une garce qui chaque jour devenait de pire en pire. Monstrueux n’est ce pas ? Pas vraiment quand on sait ce que j’ai bouffé dans les dents depuis l’âge de six ans, pas vraiment quand on apprend que j’ai vécue presque seule, que je me suis élevée seule et que je vivais avec une tante qui se foutait de tous ce que je pouvais bien faire tant que je ne dérangeais pas son petit trafic de coke et de jambe en l’air. Oui je suis sûre que ma tante se prostituée sous son propre toit, sous mon propre toit mais je n’avais jamais su le prouver, sinon je l’aurais envoyé quelques jours en taule pour racolage et prostitution abusif devant une mineure. « Tu es toujours la même toi ? » Question détourner pour répondre à la sienne, si elle avait changé elle pouvait parfaitement comprendre que moi aussi j’avais changé, en plus j’avais commencé dès lors que ma gentille tante m’avait mise à la porte de chez elle. « La drogue m’a changée mais tu sais ce que c’est. » Une droguée notoire depuis dix ans reconnait immédiatement les autres drogués, on dirait que c’est un peu comme une famille, il y a toujours un indice que l’on reconnait immédiatement, c’est pathétique je devais bien l’avoué mais c’était ainsi. La drogue rapproché surement les êtres.
Finalement je me décide enfin à me livrer ou du moins à m’excuser bon il y avait prescription depuis le temps nous avions vieillit, nous avions changés mais je voulais, j’y tenais réellement, après tout elle avait été ma meilleure amie, silencieusement elle m’avait aidé à tenir le coup et à ne pas avoir envie d’en finir encore et encore, alors je lui devais bien cela non ? « Au départ, je me suis beaucoup demandée pourquoi tu étais partie mais je m’en suis remise, ne t’en fais pas pour moi. » Pourquoi être partie ? C’est tellement évident. J’avais couché avec mon beau père ! Il voulait me faire tuer, j’avais commencé la drogue, pourquoi j’étais partie ? C’était tellement évident. Je ne voulais pas être celle qui ferait plonger Summer, je ne l’aurais jamais accepté. Peut être qu’à deux nous ne serions jamais tombé si bas… Mais avec des peut être et des si nous referions le monde non ? Eh bien je n’ai pas l’intention de changer quoi que ce soit dans le monde. « Je n’avais pas envie que tu me suives dans ma descente c’est tout… La drogue faisait partie de ma vie et je ne voulais pas que tu tombes avec moi. » Et pour la première fois depuis des années… je disais vraie.
Spoiler:
Bouh... dis donc tu as véritablement pas de chance avec moi en ce moment je fais vraiment que de la me**e
Sujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer Lun 25 Juil 2011 - 19:24
Elisa R. Daniels & Summer K. Jones
Je n’avais pas testé d’autre ville puisqu’après New-York, j’étais immédiatement venue vivre à Chicago. Si je m’attendais déjà à peu près à quoi m’attendre avec cette ville, je ne m’étais pas doutée une seule seconde qu’elle était à ce point au bord du gouffre. Pouvoir vendre et acheter de la drogue à volonté, c’était facilement faisable, mais éviter de se faire tuer était une tâche qui s’avérait beaucoup plus compliquée. En fait, pour survivre, il ne fallait faire confiance à personne d’autre que soi-même. Et encore, ça aussi c’était bien difficile et risqué. Si l’on n’était pas un drogué et que l’on s’installait à Chicago, il était aisé de sombrer dans la drogue ou même dans un autre domaine tout aussi dangereux. Même les plus intelligents et les moins naïfs ne pouvaient pas résister trop longtemps si des personnes s’acharnaient pour les faire sombrer. J’étais arrivée déjà droguée, je n’avais donc pas eu à faire beaucoup d’efforts pour résister aux propositions de vente de cocaïne et autres substances illicites. Je m’étais tout de même efforcée de ne pas me mettre à tuer des gens, de ne pas me fourrer dans les ennuis comme l’avait fait mon frère. Je travaillais, histoire de ne pas avoir de dettes à droite et à gauche parce que je n’avais pas eu d’argent au bon moment pour payer les dealers. Les dealers ne rigolaient pas à ce niveau là. Ils voulaient leur argent à tout prix. Pas la peine de chercher à les fuir, ils finissaient toujours par retrouver les clients leur devant de l’argent. Et ils étaient têtus : ce n’était pas une frontière qui allait les arrêter ! Clark était une exception mais pas parce que c’était quelqu’un de bien. Il ne fallait pas non plus rêver… C’était juste parce que ses affaires marchaient suffisamment bien pour qu’il se permette de laisser un client ne pas payer pour le faire plus tard. Evidemment, c’était loin d’être gratuit. J’en étais la preuve vivante ! « C’est vrai qu’avec toutes les villes que j’ai Chicago reste le coin le plus tranquille que j’ai jamais vue. » Je relevai la tête, regardant Elisa que je n’avais pas vue depuis bien longtemps. L’ironie s’était infiltrée entre nous et ne semblait pas vouloir quitter notre conversation. J’étais bien trop souvent ironique ces derniers temps. Peut-être parce que ma vie était bien plus compliquée que je ne le souhaitais. Ce devait être ça, oui. Elisa avait donc eu le temps de se rendre dans d’autres villes que Chicago et New-York. Cela n’avait pas été mon cas. Parce que je ne ressentais pas le besoin et ne voulais pas voyager, ou même changer de pays. Il était impensable pour moi de rester à New-York après tout ce qui avait pu m’arriver là-bas, j’avais donc largement préféré venir m’installer à Chicago où je n’avais plus aucun problème. Enfin, ça c’était bien vite dit ! J’avais beau pouvoir m’acheter de la drogue quand bon me semblait sans trop de problème, mais à propos de tout le reste, les problèmes étaient très nombreux ! Beaucoup trop à mon goût, d’ailleurs. A commencer par le fait que j’avais retrouvé ma sœur, bien malgré moi. C’était loin d’être une bonne chose à mes yeux. C’était une faiblesse dont je ne pouvais malheureusement pas me débarrasser. Je ne pouvais m’empêcher de vouloir apprendre à la connaître alors que je ne pouvais et ne devais surtout pas m’attacher à elle. « Les autres villes que tu as visité n’étaient pas aussi calmes ? » ajoutai-je rapidement, toujours sur le ton de l’ironie, surtout par rapport à la fin de ma phrase. Nous savions toutes deux que Chicago était loin d’être une vie calme, composée de personnes sereines. C’était même tout le contraire !
La dernière fois que j’avais vu Elisa, j’étais une toute autre personne. J’avais tout fait pour changer, pour ne plus être faible et pour ne pas avoir à souffrir de nouveau. M’attacher à qui que ce soit était tout simplement impensable et j’étais prête à beaucoup pour que cela n’arrive plus à nouveau. Même ma propre sœur, j’évitais de trop en parler. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de me rapprocher d’elle d’une certaine façon comme je l’avais fait la première fois que nous nous étions rencontrées. Je n’avais pas pu m’empêcher de boire un café et de parler avec elle. J’avais appris à la connaître. Je n’avais pourtant pas la sensation d’être proche d’elle plus que cela. Je n’avais, à présent, plus qu’à l’éviter, et tout se passerait bien, n’est-ce pas ? Je l’espérais en tout cas. « Tu es toujours la même toi ? » Reprit bien vite Elisa. Elle détournait ma question, il n’était pas bien difficile de le voir. Elle ne voulait pas me répondre, soit. Elle faisait comme bon lui sembler. Et en même temps, était-ce si important que cela de dire à haute voix que nous avions changé ? Nous pouvions facilement le deviner rien qu’en nous jetant un seul coup d’œil. Pour ma part, je savais depuis bien longtemps qu’Elisa avait changé, le jour où je l’avais croisé au bras d’un dealer n’avait fait que confirmer qu’elle ne redeviendrait pas la Elisa que j’avais connue. Et j’avais eu raison puisque je n’avais plus eu de nouvelles après cela. Dès que j’avais posé mes yeux sur elle, quelques minutes auparavant, je n’avais pu que repenser à ça : elle avait changé. Aussi bien physiquement que mentalement. Toujours droguée, mais plus du tout la même. Etais-je bien parler pour dire cela ? Pas le moins du monde… Après tout, j’étais exactement pareille qu’elle. Quoi que, nous n’avions très certainement pas du tout le même caractère, et beaucoup de moins de points en commun qu’auparavant, mais j’avais changé, moi aussi. Et c’était un point en commun non négociable, évident, qui sautait aux yeux de toute personne normale ! J’étais devenue totalement différente de ce que j’avais été à une certaine époque. Et me retrouver face à Elisa, qui appartenait à mon passé, me ramenait tout dans la tête, une réelle surprise. Et c’était d’autant plus difficile de faire comme si de rien était en sachant que je ne m’étais pas du tout attendue à cette rencontre, à ces « retrouvailles ». « Est-ce si important que ça, dans le fond ? » Je m’efforçais de garder une voix neutre, de ne pas montrer que j’avais beau donner le sentiment d’avoir changé, ce n’était pas totalement le cas. Mais ça, elle ne devait pas le savoir. Je devais garder ce masque que je m’étais confectionnée pendant toutes ces années pour prendre soit de moins et éviter de me faire piéger, d’avoir un nouvel obstacle à surmonter. Non, je n’en avais plus la force. Je voulais juste vivre ma vie comme je le faisais depuis mon arrivée à Chicago et ne surtout pas me causer de nouveaux ennuis. « La drogue m’a changée mais tu sais ce que c’est. » Bien sûr que oui… je savais ce que c’était. Après tout, la drogue était l’une des causes principales des changements qui s’étaient opérés chez moi et je ne doutais pas une seule seconde que c’était également le cas pour Elisa. Elle avait changé. Elle se droguait. Ces deux points étaient liés. L’un était la cause, l’autre la conséquence. C’était également mon cas. La drogue avait beau me sauver, c’était également ce qui causait les aspects négatifs de ma personnalité d’aujourd’hui. Je ne pris pas la peine de lui répondre. Je ne pouvais rien dire de plus. Je savais ce que ce qu’étaient les changements causés par la drogue et elle s’en doutait. Il n’était pas nécessaire que je confirme cela.
Bien sûr, j’avais beaucoup eu de mal à me remettre du départ d’Elisa. Après tout, elle avait été ma meilleure amie, mon soutien, ma confidente sans vraiment en être une puisque je me confiais peu voir pas. Elle avait été nécessaire à ma survie et elle était partie. Sans même me prévenir, sans même dire quoi que ce soit. Elle avait couché avec son beau-père. Etait-ce pour cela qu’elle était partie ? Je ne parvenais pas à y croire. Voulais-je vraiment connaître les raisons de son départ ? Je n’en étais pas persuadée. Après tout, nous n’étions plus les mêmes, nous ne pouvions plus reprendre notre amitié comme si rien ne s’était passé. C’était trop tard. Le temps avait passé et les choses avaient changé. Rien ne serait plus comme avant. « Je n’avais pas envie que tu me suives dans ma descente c’est tout… La drogue faisait partie de ma vie et je ne voulais pas que tu tombes avec moi. » Je la regardai, réfléchissant à ce qu’elle venait de me dire. Disait-elle la vérité ? Je n’en doutais pas une seule secondes, je le lisais dans son regard, et je la connaissais suffisamment pour savoir qu’elle ne mentirait pas. Pas à moi, en tout cas. Et surtout, je la connaissais suffisamment pour détecter sur son visage la moindre trace de mensonge. Puisqu’il n’y en avait aucune, elle disait la vérité. Avait-elle réussi son objectif ? Pas le moins du monde. Je me retrouvais à présent dans la même situation qu’elle : dépendante à la drogue. « Apparemment, tu t’es plantée sur toute la ligne puisque je suis tombée, moi aussi. » Etait-ce de sa faute ? Pas du tout. Elle n’y était absolument pour rien. Bien sûr, j’avais eu beaucoup de mal à accepter son départ, mais je m’en étais bel et bien remise. La mort de mon frère était le point de départ de ma descente en Enfer. Je ne cherchais pas à être gentille avec Elisa pas pour qu’elle se sente coupable de quoi que ce soit, mais uniquement pour qu’elle s’éloigne de moi avant que je ne réapprenne à la connaître et qu’elle devienne à nouveau importante pour moi.
When she was just a girl, she expected the world, But it flew away from her reach, so she ran away in her sleep. And dreamed of para-para-paradise, para-para-paradise, para-para-paradise, every time she closed her eyes. When she was just a girl, she expected the world, but it flew away from her reach, and the bullets catch in her teeth. PARADISE - COLDPLAY.
« Les autres villes que tu as visité n’étaient pas aussi calmes ? » Très bonne question tient. J’avais pu visiter plusieurs états, plusieurs villes, différents pays, de l’Argentine mon pays natale à l’Espagne le pays ou j’ai découvert l’amour, en faite je crois que je n’ai jamais eu autant de problème que depuis que je suis arrivée à Chicago, il faut dire qu’ici il y a tellement de personne de mon passé que j’ai du mal à me rendre compte que j’ai bien déménagé et changer du tout au tout. J’avais rencontré Carl qui avait voulu me tuer il y a des années à New York et maintenant Summer. A croire que tout le monde se donne rendez vous dans cette affreuse ville qui est Chicago. Quand je m’entends parler ainsi je me demande pourquoi est ce que j’ai choisi cette ville et pas une autre, ah si je sais parce que j’avais fait tourner le globe et que j’avais atterrit sur Chicago. Je devais partir de toute manière ma grossesse aller se découvrir et hors de question que l’on sache que j’étais enceinte. Ma grossesse aurait eu l’effet d’une bombe dans mon couple, Tino aurait sans doute voulu le garder parce qu’il est très possessif et qu’ainsi il était sûr de m’avoir à vie près de lui et moi ? Eh bien moi j’aurais eu un enfant à vingt trois ans, un bébé qui aurait vécue avec deux parents toujours sous cocaïne, se tapant sur la gueule, hurlant sans arrêt et vivant dans un monde très dangereux. Je ne souhaitais pas qu’elle voit ce que j’avais vécue quand j’étais jeune, je ne voulais pas qu’elle voit ses deux parents mourir sous les balles d’un enfoiré qui voulait nous détruire. Des menaces de mort on en a eu des tas quand je vivais encore avec lui et je n’étais pas prête à infliger cela à ma fille. Bien sûr quand je suis arrivé ici je me demandais si cette fois ci je ne pouvais pas garder mon enfant mais très vite la fillette aux yeux marrons est devenu ma peur, non je ne pouvais pas la garder, Tino allait me retrouver, essayerai de me tuer ou de prendre le contrôle sur sa fille pour que je revienne vers lui et il en était hors de question. Quand je pense que j’ai arrêté la drogue pendant plus de six mois je me demande comment j’ai fais pour survivre sans et pour ne pas avoir envie d’arracher mon bébé de mon ventre. La cure de désintoxication est surement l’endroit le plus horrible que je n’ai jamais vue aussi les centres pour aidés les drogués sont beaucoup mieux malgré le fait que j’en ai pleuré de ce manque, j’ai eu envie de mourir plus d’une fois. Et que dès la naissance de ma fille j’avais repris la cocaïne comme si c’était normal bien sûr. Six mois d’effort pour reprendre une consommation plus qu’excessive de cette poudre magique qui me tenait encore en vie. Parce qu’il fallait bien comprendre, j’étais tellement accro à cette drogue qu’elle seule me faisait encore vivre, faisait encore battre mon foutu cœur dans ma poitrine sans elle j’aurais crevé dans l’heure et dans les rues de New York. Même si je savais qu’un jour ou l’autre je ferais une overdose et je crèverais dans une ruelle sombre sans personne pour me pleurer. « Y a bien plus calme que Chicago crois moi. Mais disons qu’ici je pensais connaître personne. » Non ce n’était pas un reproche une pure vérité. Si j’avais choisi Chicago parmi tant d’autre c’est que je savais connaître personne sinon jamais j’aurais posé les pieds ici. Je serais retourné en Argentine dans ma ville natale pour ne plus jamais y bouger.
Si on m’avait dis que Summer Jones aurait prit de la drogue j’aurais rigolé au nez de cette personne, jamais je n’aurais pu la voir prendre cette merde, jamais j’aurais pu le concevoir, jamais je ne l’aurais laissé faire. Moi ? C’était totalement différent. Entre nous deux Summer était la plus forte. Moi il y avait bien longtemps que je m’étais laisser glisser non pas que dans la drogue, j’avais voulu refroidir mon cœur pour ne plus jamais rien ressentir, j’avais essayé de plus avoir mal mais elle, elle était toujours forte, malgré les coups durs que la vie lui faisait endurer. Qu’est ce qu’il y avait eu dans sa vie pour qu’elle tombe dans la drogue ? Je ne saurais le dire. Jamais elle ne me le dira. Je le savais parce que je ne lui dirais pas non plus, jamais lui avouerais que c’est à cause de cette nuit avec mon beau père, qu’il avait voulu me faire tuer, que ma tante m’avait détruite, que j’avais accouchée d’une petite fille, que j’étais désemparer et que la cocaïne était devenue mon amie, la seule et unique qui me ferait pas mal. Elle ne me laissera jamais tomber, elle sera toujours là pour moi le jour ou la nuit, elle m’aidera à surmonter la douleur, la peine, la peur… Elle m’aidera pour tout. Aussi je détourner sa question de savoir si j’avais changé en lui demandant si elle, elle avait changé. « Est-ce si important que ça, dans le fond ? » Non ça n’était pas important qu’on sache si l’autre avait changé il fallait simplement regarder le visage de l’autre. La drogue n’avait pas changé nos traits heureusement mais nos regards étaient différents je le savais. Plus du tout joyeux, rempli d’un manque que l’on ne saurait comblés avec de la poudre. Quand j’étais partie de New York je m’étais jurer de ne plus jamais tomber, de ne plus jamais me résoudre à m’accrocher à quelqu’un, c’était bien trop difficile et pourtant j’avais faillit à ma promesse en tombant amoureuse, j’étais tombé amoureuse et je l’étais encore. Les hommes que je fréquentais aujourd’hui pouvait m’offrir tous ce que je souhaitais j’étais toujours au même point, mon cœur appartenait qu’à une seule personne, je ne pensais pas cela possible et pourtant il était clair que j’étais bien humaine. Même après tous ce que j’avais fait pour ne plus l’être. A sa question, j’hausse les épaules et je lui annonce que la drogue m’avait changé, bien sûr qu’elle m’avait changé, comment ne pas l’être avec cette drogue qui accentue vos émotions et vous cristallise le cœur ? Aucun drogué ne peut dire qu’il a eu la chance de rester intacte après cela.
J’avais abandonné mon amie et beaucoup pourrait penser que je l’ai fait par pur égoïsme mais ce n’est pas le cas. J’étais tombé dans la drogue et la dernière chose que je voulais c’était la voir plonger aussi. La voir plonger par ma faute aurait été brutale et bien trop douloureux je ne voulais pas la voir dans le même état que moi malgré que mon départ n’est pas réellement changé grand-chose puisqu’elle était tout de même tombé dedans, à croire qu’on était toutes les deux prédestiné à ce chemin là. Est-ce que je regrettais d’être tombé dedans ? Absolument pas, je l’ai dis tout à l’heure je sais que la cocaïne est ma seule et unique amie, elle est fourbe et me martyrise souvent mais elle est toujours là quand je vais mal.« Apparemment, tu t’es plantée sur toute la ligne puisque je suis tombée, moi aussi. » J’ai un peu de mal à déglutir mais au fond je me dis qu’elle n’a pas plongé en même temps que moi du moins je l’espère réellement. Je me sens pas vraiment responsable de cette chute jamais je ne l’aurais tenté avec la coke et si elle avait été encore près de moi quand elle voulait y touché je lui aurais remis les idées en place quitte à lui en coller une pour lui recoller le cerveau à l’endroit. Non ça je ne pouvais définitivement pas la laisser faire, bon aujourd’hui je lui dirais pas d’arrêter parce que moi-même j’en étais foutrement incapable. Je voulais changer de sujet et j’allais surement faire une bourde sans le savoir. « Et… euh... comment vas ton frère ? » Pour tout dire j’étais amoureuse de son frère étant plus jeune, un amour de passage, un amour de gamine éphémère et silencieux. Jamais je ne l’avais dis à personne puisque je l’ai dis c’était un amour de gamine. Je tenais à lui tout de même et lorsqu’il est parti j’étais près de Summer pour la « soutenir » comme je le pouvais. Malgré cela je ne m’attendais pas à ce qu’elle allait m’annoncer…
Sujet: Re: J'ai fuis le présent pour me projeté dans l'avenir non pour revoir le passé | Summer Dim 4 Sep 2011 - 12:04
Elisa R. Daniels & Summer K. Jones
En y réfléchissant bien, je n'avais pas visité un très grand nombre de villes, bien au contraire. En tout j'étais juste allée à New-York et à Chicago... ce qui ne faisait pas beaucoup de nouveautés. New-York était une ville bien plus calme et bien moins dangereuse que Chicago, il n'y avait aucun doute à avoir là dessus. Certes, c'était dans le Bronx que j'avais vécu, autant dire que ce n'était pas facile tous les jours entre les multiples viols et meurtres qui s'y déroulaient, mais c'était moins pire que Chicago, sans aucun doute. Vivre dans le Bronx avait durci mon caractère, m'avait rendu plus forte et c'était sûrement pour ça que je survivais encore dans une ville telle que Chicago. Mais au moins, ici, il n'y avait plus personne que je connaissais, contrairement au Bronx. Enfin, ça c'était ce que je pensais, avant de tomber nez à nez avec Elisa dans les rues de Chicago. Une chance ? Certainement pas ! C'était même tout l'inverse. Je ne voulais surtout pas croiser qui que ce soit qui m'avait connue avant, l'ancienne Summer était morte et définitivement enterrée. Elle ne pouvait et ne devait pas ressusciter. Croiser Elisa était une très mauvaise chose pour moi, parce qu'elle connaissait beaucoup trop de chose à mon sujet & sur mon passé. C'était un risque bien trop gros et je ne pouvais décemment pas le prendre. Je préférais, de loin, prendre mes distances et me tenir à l'écart d'elle. Il n'était vraiment pas utile qu'elle sache ce que j'étais devenue & surtout le pourquoi du comment. Elle devait savoir que je me droguais - ne le voyait-on pas au premier coup d'oeil surtout en en étant une nous-même ? - mais il n'était pas nécessaire qu'elle sache ce qui m'avait amenée à prendre de la drogue. Drogue que j'avais pourtant tellement haït quand c'était mon frère qui en prenait, quand il tentait de s'arrêter mais qu'il n'y parvenait pas, étant trop accro et que c'était sur moi qu'il défoulait son manque beaucoup trop présent. Comment en étais-je arrivée là ? Je ne voulais même pas y penser, surtout pas devant Elisa alors qu'elle me connaissait si bien et qui, peut-être, serait capable de lire mes émotions sur mon visage et dans mes yeux. Je devais juste penser à l'instant précis et à la meilleure manière pour tenir Elisa à l'écart. Ce n'était pas bien compliqué, non ? « Y a bien plus calme que Chicago crois moi. Mais disons qu’ici je pensais connaître personne. » Me répondit-elle après quelques instants de silence. Oh je ne doutais pas une seule seconde de ça... Incontestablement, Chicago était très certainement la pire ville du coin. Tout ici était passé sous silence et ce n'était qu'une fois au coeur de l'action que l'on pouvait se rendre compte de l'effroyable vérité : tout se faisait ici dans le plus grand silence et quelques billets suffisaient à faire taire les policiers qui étaient, pour la plupart, corrompus. Une pire ville que celle-là ? Summer n'osait même pas imaginé ce que cela devait donner... Elisa aussi pensait ne connaître personne dans cette ville, hein ? Manque de chance, elles avaient toutes deux pensé à la même chose. Résultat, elles se retrouvaient ici, à se parler comme deux parfaites étrangères qu'elles étaient devenues après dix ans passés loin l'une de l'autre. Ah que le temps passait vite... Bien des choses avaient changé, que ce soit dans ma vie et très certainement dans celle d'Elisa aussi, je m'en doutais. D'après ce que je pouvais voir, elle se droguait toujours - pas une grande nouveauté puisqu'elle avait commencé dix ans auparavant, juste au moment où elle coupait les ponts avec moi, à ma plus grande surprise. Quant à moi, j'avais commencé la drogue, et la cigarette. Mieux valait le tabac mais ces deux-là me permettaient de tenir sur mes jambes, de rester en vie. Je n'arrêterais ni l'une ni l'autre, et il y avait peu de chance pour que cela finisse par arriver d'ailleurs. Je n'étais pas prête à le faire, tout simplement. Après avoir tiré sur ma cigarette et laissé partir la fumée, je repris la parole, regardant la jeune femme qui se tenait à mes côtés. « Faut croire qu'on a pensé à la même chose... pas de chance ! » lui répondis-je. Je n'avais absolument aucun doute là dessus, l'une comme l'autre, nous voyions cette rencontre d'un mauvais oeil, et je ne pouvais que comprendre pourquoi.
Elisa prendre de la drogue il y a dix ans ? C'était comme Summer prendre de la drogue il y a quelques années... parfaitement inconcevable et inadmissible. Sans aucun doute, si je l'avais pu, si Elisa m'en avait laissé la possibilité, j'aurais tout fait pour l'empêcher de prendre de la drogue. Tout simplement parce qu'à cette époque, elle était ma meilleure amie et que je n'aurais jamais pu la laisser faire ça. Je ne savais pas tout ce qu'il se passait chez elle, pour la simple et bonne raison que nous n'étions, l'une comme l'autre, pas du tout du genre à nous confier mais le soir où elle était venue me voir, elle s'était enfin confiée. Par sur l'intégralité de sa vie, mais juste sur ce soir-là. Ce soir où elle s'était donnée au copain de sa tante. Pourquoi l'avait-elle fait ? Elle avait été vague là-dessus mais j'en avais su suffisamment et comme une bonne meilleure amie, je l'avais soutenue, la calmant du mieux que je le pouvais et la rassurant. Mais cela n'avait pas été utile puisque le lendemain en me réveillant, je n'avais pu que constater la réalité : elle n'était plus là. Elle était partie sans même me prévenir. Au départ, je m'étais dit qu'elle avait eu quelque chose d'urgent à faire mais au fil des jours, l'idée de la revoir s'était estompée, voir même avait totalement disparu. La voir au bras d'un dealer avait été un réel choc. J'avais voulu aller vers elle. Mais elle venait de se droguer et elle m'avait parfaitement ignoré. J'avais compris qu'elle voulait que je sorte définitivement de sa vie. C'était exactement ce que j'avais fait, tout comme elle l'avait fait, elle aussi. J'aurais voulu être à ses côtés pour la soutenir, comme je l'avais fait ce soir-là, mais elle m'avait fait très clairement comprendre qu'elle ne voulait pas. Je ne devais et ne pouvais pas forcer les choses, c'était son choix. Tant pis. Pourtant, une meilleure amie n'aurait pas été de refus durant les années qui avaient suivies. J'avais fais sans, bien évidemment, mais ça avait été dur, d'une certaine façon. N'avoir personne pour nous relever dans les moments difficiles, personnes pour nous réconforter, nous rassurer, et tout ça, c'était difficile. Il fallait juste s'y faire, s'adapter à ça. Et je l'avais fait, mettant Elisa dans un coin de ma tête. Je ne l'avais pas totalement oublié - comment le pourrais-je ? - mais les évènements qui avaient suivis sa disparition dans ma vie m'avait permis de mettre toute ces histoire de côté, dans un coin bien caché de ma tête. A présent, elle se tenait devant moi et tout me revenait en pleine tête violemment. Bien trop violemment pour mon pauvre cerveau déjà bien endommagé par la drogue. Pfiou, que tout ça était compliqué... Et vu que je n'étais pas en état de réfléchir, je devais arrêter ça tout de suite, penser au passé n'était pas une bonne chose. Elisa avait changé. J'avais changé. Et ça s'arrêtait là... non ?
Pourtant, non. ça ne s'arrêtait pas là. La conversation était engagée et je ne pouvais décemment pas l'arrêter là, faire demi-tour et partir loin d'ici, loin d'Elisa, loin de mon passé. Non, je ne pouvais pas. Je ne saurais dire pourquoi mais j'avais besoin de rester ici. C'en était presque devenu vital. Parce que je devais tenir la jeune femme à distance ? Oui... ce devait être ça et c'était surtout, pour moi, l'option de facilité de penser à ça. Je ne pouvais pas me dire que c'était uniquement parce que revoir Elisa me faisait du bien. Non, je ne devais pas penser ça ! C'était tout simplement inconcevable. Elisa avait été ma meilleure amie mais nous nous étions perdues de vue - volontairement, certes, mais perdues de vue quand même - et nous n'étions plus les mêmes. Nous ne pouvions pas reprendre une amitié comme celle qu'elle avait été avant. Non, tout ça, c'était fini. A présent, je ne m'attachais à personne et surtout pas à quelqu'un qui appartenait à mon passé, passé durant lequel je ne me droguais pas encore. Ce serait comme tourner et retourner le couteau enfoncé depuis bien des années dans mon ventre. Cela ne ferait que rendre les choses encore plus compliquées que ce qu'elles n'étaient déjà. Autant dire que ce serait un vrai casse tête ! Sans aucun doute, Elisa n'était pas responsable de ma descente en Enfer, je le savais pertinemment, et sans doute le savait-elle aussi. C'était juste un enchaînement d'évènements qui avaient faits de moi ce que j'étais aujourd'hui. Ni plus ni moins. « Et… euh... comment vas ton frère ? » reprit Elisa, esquivant par la même occasion ma dernière pique. Instantanément, je me raidis. Sans doute le vit-elle mais je n'en avais que faire. Parler de mon frère était juste inadmissible. Bon sang ! Heureusement, je savais que si elle le faisait, c'était uniquement parce qu'elle ne se doutait pas une seule seconde de ce qui lui était arrivé. Après avoir tiré une dernière fois sur ma cigarette, je la jetai au sol et l'écrasai avec le bout de mon pied. Je prenais volontairement tout mon temps pour lui répondre, pour tourner la tête dans sa direction, parce qu'il fallait absolument que je reprenne un visage impassible avant de lui dire l'horrible vérité. Je recrachai la fumée, reprenant contenance du mieux que je le pouvais, sans pour autant être plus détendue. Je finis par tourner la tête dans sa direction, les mains dans les poches de mon jean. « Il est mort. » lui répondis-je d'un ton détaché, presque froid, comme si cela n'avait aucune importance pour moi. Dieu seul savait à quel point cela en avait en réalité... C'était la pire chose qui m'était arrivée, sans l'once d'un doute, et je ne savais pas moi-même comment j'avais fait pour paraître aussi peu intéressée par la mort de mon frère. Je m'étonnais moi-même en réalité. Je réprimai un frisson en réalisant que c'était la première fois que je le disais à voix haute et c'était encore plus douloureux que ce que j'avais pu endurer jusque là.
When she was just a girl, she expected the world, But it flew away from her reach, so she ran away in her sleep. And dreamed of para-para-paradise, para-para-paradise, para-para-paradise, every time she closed her eyes. When she was just a girl, she expected the world, but it flew away from her reach, and the bullets catch in her teeth. PARADISE - COLDPLAY.
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